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Foyer ou travail : le droit de ne pas choisir

La blogueuse Fatim Toure écrit que, contrairement à une idée reçue qui vise à les confiner dans le foyer, les femmes peuvent bien travailler et mener une vie de couple normal. Mariage et travail font bon ménage.

J’ai compris que lorsque les parents inscrivent leur enfant à l’école pour la première fois, ils espèrent tout au fond d’eux qu’il réussira un jour pour, à son tour, les prendre en charge. Que l’enfant « deviendra quelqu’un », comme on le dit dans notre société.

Cependant, lorsque la jeune fille commence à grandir, à avoir 15, 16 ou 17 ans déjà, la société la conditionne à être prête à se marier et non à se trouver un bon boulot pour être indépendante quand elle finira les études. Oumou Diarra, en classe de terminale, à Bamako, partage cet avis : «  Dans tous les cas, lorsque tu te marieras, ton mari te prendra en charge ». Dans le pire des cas, lorsqu’une fille ayant déjà une activité professionnelle se marie, même si personne n’ose le dire clairement, son mari aura le dernier mot sur tout ce qui la concerne. C’est à croire que le mariage est une autre forme d’esclavage.

« Double stress »

On l’admet rarement, mais au Mali un mari a le pouvoir d’interdire à son épouse d’exercer un travail. C’est vrai que beaucoup de femmes, n’ayant pas pu concilier les deux statuts, ont découragé certains hommes. « En effet, avec un travail qui demande un investissement à fond, on subit un double stress, que cela soit en rapport avec le travail ou au foyer », affirme Fatou Keïta, assistante de direction dans une société de la place.

Les hommes maliens adorent l’autorité et d’autres se disent qu’ils pourraient avoir financièrement besoin de leur épouse un jour, si elle travaille. Toutes choses qu’ils ne souhaitent pas car, selon eux, la femme est « ingérable » quand elle a les moyens.

Diplômes rangés dans l’armoire

Dans ce cas précis, nous devons nous poser la question suivante : pourquoi les parents d’une jeune fille vont l’inscrire à l’école si, en fin de compte, elle devra ranger ses diplômes dans l’armoire ? Interdire à une femme d’exercer un travail décent et digne doit être considéré comme un délit et même passible d’amende. Certains hommes refusent catégoriquement que  leur femme travaille  et vont jusqu’à leur imposer à choisir entre leur foyer et leur travail.

« Lorsque j’ai voulu commencer une activité professionnelle, mon mari s’est opposé prétextant que je ne pourrais plus vraiment m’occuper du foyer. C’est grâce à l’intervention de certains proches âgés de sa famille qu’il a fini par accepter », témoigne Aïcha. Elle raconte quelque chose qui prouve que son mari aurait eu tort, par la suite, de l’empêcher de travailler : « Quelque temps après avoir commencé mes activités, mon mari a eu des soucis avec son boulot et a fini par se retrouver sans travail. Clairement, c’est avec ma petite activité qu’on a pu joindre les deux bouts en attendant qu’il puisse se retrouver ». Depuis, son mari est devenu plus conciliant.

Epanouissement

Je crois que la femme n’a pas à choisir entre son mariage et son travail. Lorsque la femme travaille, elle est plus susceptible d’aider son mari dans le foyer, à supporter les charges.  Lorsque la femme travaille, elle diminue les dépenses de l’homme en subvenant à ses propres besoins toute seule. La femme qui travaille est encore plus épanouie, plus ouverte d’esprit et elle sera aussi un exemple à suivre pour les enfants.

Les femmes doivent s’organiser en conséquence et cela requiert de leur part des efforts voire des concessions. Beaucoup de femmes nous ont prouvé que ce pari peut être est gagné. N’oublions pas : une femme plus épanouie, c’est celle qui joue avec dextérité sur les deux tableaux. Et même au-delà de ces propos, en tant que citoyennes, le travail fait partie de nos droits les plus élémentaires.

Nous devons le faire valoir avec plus d’intelligence et de tact. En somme, je suis d’accord avec l’écrivaine Fatoumata Keïta, lorsqu’elle dit dans une interview sur Sahelien.com : « Les années de parcours scolaire méritent qu’on les mette en valeur, qu’on se batte pour elles. Ce sont des années d’investissement pour un meilleur avenir. Du moment où l’opportunité d’aller à l’école, d’apprendre un métier a été donnée par les parents et à la fille et au garçon, il y a peu de raison pour que la fille devenue femme n’investisse pas cet effort consenti de part et d’autre (par ses parents et par elle-même). »

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Les commentaires récents (6)

  1. Le temoignage de Aicha est emouvant. sa arrive le plus souvent quand l’homme refuse que sa femme travail, alors que sa l’aide aussi lorsque sa femme travail.

  2. C’est mechant d’interdire a sa femme de travailler alors que tu las deja trouver a l’ecole ou meme que celle ci travail deja.

  3. Beaucoup de femme profite de leur boulot pour tromper leur mari et commettre l’adultere, c’est pour cela que les hommes ne veuelent pas.

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