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À Bamako, femmes au foyer et gros diplômes ne font pas bon ménage

Beaucoup d’hommes maliens refusent à leurs femmes, même celles qui ont de gros diplômes, de travailler. Ils les obligent à devenir des femmes au foyer. Cette situation empêche les femmes de s’épanouir socialement et professionnellement, dénonce la blogueuse Maman de Baco.

Depuis son jeune âge, Oumou était une fille brillante à l’école, intelligente et ambitieuse. Quand on lui demandait ce qu’elle voulait devenir, elle répondait qu’elle rêvait de porter la robe noire des magistrats ou de devenir avocate pour défendre les clients devant les cours et tribunaux. C’est pourquoi elle a décidé de fréquenter la faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université de Bamako, dont elle est sortie brillamment diplômée.

Mais depuis son mariage en 2015, Oumou est devenue une femme au foyer. Au début, son mari ne s’était pas opposé à ce qu’elle travaille. Mais une fois mariés, son mari a exigé qu’elle reste à la maison pour s’occuper des enfants. Ainsi, de 6h du matin à tard la nuit, Oumou est toujours occupée entre la vaisselle, la cuisine, la lessive et les enfants.

Le mariage a cassé ses rêves

Son métier de maman ne lui déplaît pas pour autant. Elle est ravie de veiller sur ses enfants, leur état de santé, d’assurer leur suivi et leur éducation, etc. En plus, son mari est très fier d’elle. Il mange bien et apprécie le travail que sa femme fait pour le foyer. Elle-même est satisfaite de veiller à la stabilité, l’entente et l’épanouissement de son couple, sachant que la plupart des problèmes conjugaux sont dus à l’absence de la femme dans le foyer.

Mais en même temps, Oumou est triste. Elle dépend financièrement de son mari qui, même s’il satisfait beaucoup de besoins du foyer, ne peut pas lui donner tout ce qu’elle veut pour s’épanouir socialement. À Bamako, le social joue un grand rôle avec les nombreux baptêmes, mariages ou funérailles qui exigent de débourser de l’argent tout le temps.  Si elle avait un emploi à elle, elle pourrait satisfaire tous ces besoins sociaux de son salaire.

Aussi, elle sent que son niveau intellectuel baisse, elle n’est plus aussi cultivée qu’elle voudrait l’être. Elle est coupée de tous ses rêves et n’a aucune expérience professionnelle, ce qui retarde considérablement son épanouissement.

Le mariage ne comble pas la liberté de travailler

Oumou regrette aujourd’hui sa situation. Son mari refuse toujours toute éventualité pour elle de travailler. « Qui ira chercher les enfants à l’école? Qui veillera sur leur nourriture ?», réplique son mari chaque fois qu’elle aborde la question. Il ne fait pas confiance en la bonne et cela peut se comprendre.

Oumou s’est accommodée de cette situation, mais elle dit que si elle était encore célibataire, elle réfléchirait à deux fois avant d’accepter un mari qui l’empêche de travailler. « Je conseille aux jeunes filles qui ont fait des études et qui veulent se marier de vraiment savoir où elles mettent les pieds, commente-elle. Les hommes te promettent beaucoup de choses avant le mariage mais changent après. » Oumou affirme ne pas vouloir encourager les jeunes filles à se rebeller, mais qu’elles puissent donner un meilleur sens à leur vie. Elle ajoute : « Il faut que la femme puisse aller travailler vu qu’elle a étudié pour ça, et l’homme doit l’accepter. Il y a beaucoup de jeunes femmes qui sont dans mon cas, et qui ne peuvent plus rien changer, mais les célibataires peuvent encore mieux orienter leur avenir. Le mariage est bien mais il ne comble pas la liberté de travailler et de développer son épanouissement personnel. »

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