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Gao, une ville riche et diversifiée, mais encore trop méconnue

Pour la première fois, la blogueuse Nafmalook a eu la chance de visiter la ville de Gao du 22 au 29 octobre pour contribuer à une formation en journalisme citoyen. Elle a découvert une ville douce avec une histoire très riche. Tout le contraire de l’image de ville austère, désertique et dangereuse que les Bamakois se font de la Cité des Askia. Elle nous livre son témoignage dans ce billet.

Je ne savais rien de Gao, à part ce que j’avais appris à l’école. Nous avons tous appris en géographie l’existence du pont de Wabaria sous lequel passe le fleuve Niger en traversant la ville de Gao. Mais dans les rues de Bamako, on nous a toujours dit qu’il n’y avait que du sable au Nord.

Je fus surprise de voir des espaces verts dans chaque quartier de Gao, même si certaines localités ont été détruites par la guerre. Surtout, j’ai beaucoup apprécié la façon dont les eaux du fleuve y sont bien exploitées.  Les populations riveraines sont des grands cultivateurs de riz et pratiquent beaucoup la pêche. Il y a même une localité appelé le « Quartier de la salade », justement parce que la salade y est très cultivée et coûte moins chère. Je me suis retrouvée très ridicule quand je me suis exclamée devant mon guide : « Je pensais qu’il n’y avait que du sable ici! »

Une population diverse

Je ne sais pas d’où me venait l’idée qu’à Gao et à Tombouctou, nos frères à la peau claire, les Tamasheq, étaient majoritaires, mais ce n’est pas le cas. La population de Gao est multiethnique et multicolore, mais elle est constituée en majorité des Noirs, des Songhaï descendants d’Askia Mohamed et de Sonni Ali Ber. C’est fou la façon dont nous pouvons avoir une vision fausse des réalités de notre pays.

Dès que tu dis à Bamako que tu te rends à Gao, les gens pensent directement que tu te rends dans une zone très dangereuse et invivable. Pourtant, dans la ville, les citoyens vaquent bien à leurs occupations et ne s’inquiètent de rien. C’est vrai que l’occupation par les djihadistes à laisser des séquelles, et qu’on voit fréquemment des patrouilles de la Minusma et des forces de l’ordre pour sécuriser les quartiers, mais la vie suit son cours normal.

Un grand potentiel touristique

Il n’y a plus  de guerre contrairement à ce que beaucoup pensent, même s’il y a des poches d’insécurité dans les zones éloignées de la ville, d’après mon guide Kanfari.  D’ailleurs, ici les gens ont repris leurs habitudes et font même des sorties en boîte. Quoi de plus rassurant !

Le tombeau des Askia est riche en histoire. La ballade sur le fleuve offre une joie intense. La dune de sable rose de Koïma a une beauté époustouflante.  Tous ces endroits peuvent contribuer à redonner vie au tourisme malien s’ils sont exploités pleinement. En plus des sites touristiques, la culture est très riche et l’artisanat très développé dans cette ville.

Courage et patience pour se rendre à Gao

C’est dommage que cette belle ville reste difficilement accessible. À cause de la crise sécuritaire au Nord et du délabrement des routes, il faut quatre ou cinq jours de Bamako à Gao en voiture, alors qu’avant il fallait un ou deux jours.  En plus, les voitures qui y vont sont souvent dépouillées par les bandits.

Le moyen le plus sécurisé d’y aller est de prendre l’avion, qui n’est malheureusement pas accessible à tout le monde. On peut emprunter les vols « Unhas » à 100000 FCFA, à condition de travailler dans une ONG. Moi et mes amis avons pris un vol de la  Minusma, qui était partenaire de notre formation. Les avions de la Minusma sont destinés aux militaires et agents de cette organisation, mais les civils peuvent occuper les places vacantes gratuitement.

Mais il faut beaucoup de courage et de patience pour avoir une place. Les civils ont la « priorité 5 », ce qui signifie qu’ils ne peuvent jamais savoir quand ils peuvent avoir une place. Moi et mes amis avons dû attendre quatre jours de plus que prévu pour enfin avoir une place dans un vol propre au contingent allemand pour pouvoir rentrer à Bamako.

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Les commentaires récents (2)

  1. Merci pour ce témoignage presque caricatural de la ville de Gao et je viens juste de nourrir un envi fou d’y faire un tour…! Ça tombe bien pour les infos sur les voies d’accès! Je travaille dans une ONG alors j’essaierai de figurer parmi les passagers de la priorité 5…! Merci chère MARIAM Naf pour cette bonne action de communication qui plus est sera bénéfique pour le secteur du tourisme de cette localité…! 🤓🤓🤓🇲🇱🇲🇱🇲🇱

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