thiam laisser-aller laisser aller mortel
article comment count is: 1

Chronique d’Adam Thiam : laisser-aller mortel

Dans cette chronique pour Benbere, l’éditorialiste et chroniqueur Adam Thiam revient sur les inondations qui ont endeuillé Bamako, le jeudi 16 mai 2019, en nous mettant face à nos responsabilités.

Scènes insoutenables de voitures renversées, routes subitement transformées en torrents en folie, pâtés entiers de maisons effondrées, deuil et désolation : on ne déplorera jamais assez que les fortes pluies de Bamako, ce jeudi,  aient fait une quinzaine de morts et plus de blessés.

Démission collective

Certes, nos temps sont des temps de fortes perturbations météorologiques, et ce à l’échelle de la planète. Les glaciers fondent, les mers montent, les fleuves sèchent ou débordent selon les années, le désert avance, les forêts se meurent à mesure que le mercure  hausse ou chute à des niveaux sans précédent.

Mais attention à tout mettre sur le compte du changement climatique. La tragédie du jour résulte surtout de nos insouciances, de nos ignorances et de notre attitude stérile à attendre Dieu là où il n’y a aucune chance qu’il nous entende. Car ce n’est pas le ciel qui est en train de nous punir. C’est nous qui refusons d’apprécier à sa juste valeur le grand cadeau qu’est la vie.

« Bamako n’est pas Kigali »

Regardons : en face de nous, le voisin supprime le caniveau pour gagner quelques mètres carrés, les ordures entassées obstruent le drainage, sur les voies de ruissellement naturelles poussent des maisons. Aucune inspection, aucune sanction, aucune réaction. Ni des associations de riverains, ni des autorités municipales, ni des services dédiés de l’État, ni du gouvernement. Seuls prévalent la loi  de la jungle, le pouvoir, l’argent et les ravages de la démission collective.

Ajoutons aux risques de plus en plus probables d’inondation, le spectacle des ordures culminant  dans nos quartiers, la mer de sachets plastiques qui inonde le pays. Ajoutons-y également la pollution, les odeurs fétides au milieu desquelles nous vivons et nous aurons la preuve de ce que nous savons tous déjà mais que nous ne sommes pas tous à déplorer : Bamako n’est pas Kigali. Hélas ! C’est pourtant possible et sans attendre plus longtemps.

Partagez-nous votre opinion

Les commentaires récents (1)