Livre : un Malien au Maroc
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Livre : un Malien au Maroc

Le livre Un étudiant étranger au Maroc vient de paraitre aux éditions Les Impliqués. A travers ce récit de 92 pages, l’auteur, Alhassane Camara, raconte son expérience d’étudiant malien au Maroc, les difficultés rencontrées et les leçons tirées.

C’est l’histoire d’un jeune Malien qui, le bac en poche, a la chance d’avoir une bourse pour faire des études d’ingénieurs dans le royaume chérifien. C’est un privilégié : il a accès à une bourse du Mali, une bourse du Maroc, un billet d’avion, de meilleures universités, d’excellents professeurs. Et il a la chance de découvrir un pays culturellement riche et séduisant, aux portes de l’Europe. Cerise sur le gâteau : il fait un stage de quatre mois en France. La belle vie, quoi ! Ou presque, puisque ce parcours sera jalonnés d’échecs douloureux.

Mais de cette expérience, le jeune Alhassane Camara apprend beaucoup de choses en dehors des salles de cours. D’abord, la responsabilité. Loin de leurs familles, les étudiants doivent préparer la nourriture eux-mêmes. Pour un jeune garçon habitué à manger tranquillement les beaux plats que maman préparait, c’est quand même un challenge. Pour s’en sortir, les étudiants qui vivent ensemble doivent se relayer pour cuisiner. Adieu la vieille croyance que la cuisine, c’est un travail de femmes !

Vive la solidarité !

Ensuite, le jeune malien découvre la solidarité internationale. Ne connaissant rien du pays dans lequel il débarque, ce sont les étudiants maliens déjà établis, ayant une connaissance assez mise à jour sur le pays, qui le guident dans toutes les démarches pour l’inscription, les papiers de séjour, la recherche d’un appartement, etc. Quand il va dans une ville où il n’y a pas de Maliens, il s’appuie sur les Burkinabè, Ivoiriens ou les Camerounais. Tous les Africains étrangers deviennent presque des « frères », et ils ont créé une association dédiée à cette solidarité. D’ailleurs, la bourse malienne est souvent en retard, l’argent manque, et certains propriétaires d’appartements menacent de renvoyer les jeunes étudiants dans la rue. C’est grâce à cette solidarité qu’ils vont survivre.

Mais on peut regretter que l’auteur aborde très timidement les sujets qui fâchent, notamment le racisme. On sait par ce livre que dans certaines villes, surtout celles frontalières de l’Europe, les étudiants noirs ont du mal à trouver des appartements, en partie parce qu’ils sont quelquefois assimilés aux clandestins qui veulent traverser la Méditerranée. Mais l’auteur n’analyse pas en profondeur cette discrimination qui ne dit pas son nom et  la façon dont il est ressenti par les étudiants africains.

L’absence de vie amoureuse

L’autre grand absent du livre d’Alhassane Camara est l’amour. Quand j’étais étudiant en Russie, je me souviens que l’un des premiers objectifs de chaque étudiant africain qui débarquait dans le pays et découvrait l’extraordinaire beauté des femmes russes, était de trouver une copine russe. Alhassane Camara ne nous fera pas croire que cette idée ne traverse pas la tête des jeunes maliens qui débarquent au Maroc.  Et qu’est-ce qui se passe justement quand un étudiant malien tombe amoureux d’une belle marocaine ? Est-ce qu’elle le présente à sa famille ? Est-ce que le beau-père est content d’avoir un futur gendre malien ? Ou est-ce qu’ils doivent se cacher pour se voir ? On aurait aimé le savoir.

Malgré ces insatisfactions, le petit livre de 92 pages est écrit dans un style simple, facile à lire. Les jeunes qui veulent continuer leurs études à l’étranger, et pas seulement au Maroc, ont intérêt à le lire pour découvrir ce qui les attend et s’y préparer en conséquence.

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