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La société civile doit s’attaquer prioritairement à la corruption

Au Mali, il n’est pas rare de trouver une famille ayant officiellement un revenu ne dépassant pas 200000 FCFA par mois, mais qui parvient à faire face à une dépense mensuelle de près de un million, écrit le blogueur Ousmane Soumbounou.

Selon les spécialistes, tout commence par un petit billet de 1000 à 10000FCFA, remis par le visiteur à l’agent afin de le remercier pour le service rendu. Par la suite, ces sommes reçues en guise de remerciement deviennent la condition pour être bien servi et à temps. Celui qui ne paie pas cette somme sera négligé et ou ne sera pas servi.

Tout le monde garde cela en tête que dès que tu as besoin d’un service dans nos administrations, il faut mettre la main à la poche. Les agents eux-mêmes appellent ça « faire des affaires ».

Je me rappelle, qu’une fois, je m’étais rendu dans une agence de l’énergie du Mali pour faire une demande d’augmentation de l’ampérage de mon compteur. La stagiaire chargée de mon dossier ne se gêna pas de me demander le prix de crédit pour sa communication.

Service mérité

Une autre fois en voulant faire signer un dossier chez le contrôleur financier d’un ministère, un agent s’adresse à moi en ces termes : « Chef, s’il vous plaît, ne nous oubliez pas car ce que vous donnez à notre patron, nous n’en recevons rien ». Par un sourire, je lui réponds que je n’ai pas l’habitude de donner quelque chose pour un service que je mérite naturellement.

Un frère entrepreneur a du verser des larmes dans le bureau d’un responsable qui avait expressément bloqué le dossier à son niveau pour l’obliger à payer quelque chose. Il lui exigea le paiement de la somme de 1000000 FCFA pour pouvoir signer le dossier en question.

Les policiers quémandent désormais

Tout le monde sait que dès qu’un policier te siffle, quelle que soit l’infraction, il faut prévoir au moins 1000 FCFA. Les policiers ont même dépassé le stade d’attendre que quelqu’un tombe dans la faute pour lui demander de l’argent. Ils quémandent désormais. Une fois, un policier a arrêté un ami à moi et lui dit tout simplement : « Mon frère, tu n’as commis aucune infraction, seulement je veux que tu me donnes de quoi rentrer à la maison car la journée a été mauvaise ».

La société civile doit s’attaquer à ce fléau

Pour lutter contre ce fléau, c’est la population, plus précisément les victimes, qui doivent de plus en plus s’impliquer. Déjà, certaines actions sont en cours, notamment la capture d’images et le partage sur les réseaux sociaux, des personnes surprises en plein acte de corruption. Il faut que ce genre d’actions s’intensifient, et que les policiers et d’autres agents corrompus sachent que les citoyens veillent.

L’intervention des ONG, qui peuvent recruter des avocats afin d’assister toute personne ou groupe de personnes victimes de corruption peut aider, étant donné que l’ignorance des populations est un facteur qui favorise beaucoup la corruption.

La société civile peut jouer un grand rôle en mettant la pression sur les autorités à travers des marches et des sit-in afin d’obtenir la démission de tout responsable impliqué dans les détournements de fonds publics.

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