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Mali : le retrait canadien et l’avenir incertain de la Minusma

Le refus du Canada de prolonger la mission de son contingent dans la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) est un signe que la communauté internationale se désintéresse de plus en plus du conflit malien. L’avenir de la Minusma est incertain et les autorités maliennes doivent en tirer des leçons, écrit le blogueur Jean-Marie Ntahimpera.

Les médias ont annoncé que l’ONU a demandé au Canada de prolonger la mission de son contingent au Mali, qui doit aller jusqu’en juillet 2019.  Mais le Canada a refusé. La contribution du Canada dans la Minusma est de 7 hélicoptères et 250 casques bleus. La Minusma emploie à peu près 15 500 personnes, dont plus de 12 000 militaires issus de 53 pays contributeurs.

Ce refus est un coup dur pour l’ONU, qui doit trouver un pays pour remplacer le Canada. Si la Roumanie a promis de remplacer le Canada, son contingent ne devrait pas venir avant octobre ou novembre 2019, alors que les Canadiens seront partis en juillet.

Désintérêt de la communauté internationale

Le fait que le Canada veuille partir aussi vite, après une année seulement, est un signe que ce grand pays se désintéresse de plus en plus du conflit malien. Et il n’est pas le seul. Avant le Canada, c’est le royaume des Pays-Bas, un des grands contributeurs de la Minusma, qui a annoncé que la totalité de ses soldats devraient avoir quitté le Mali d’ici mai 2019.

Il y a plusieurs raisons qui poussent ces pays à se désengager : leur participation coûte chère à leur budget, et la Minusma est réputée comme étant la mission de maintien de la paix la plus meurtrière au monde, avec 22 de ses agents tués cette année, et 177 depuis son début en 2013. Les opinions publiques des pays occidentaux tolèrent de moins en moins que leurs soldats meurent dans des pays étrangers en défendant des causes qui ne les concernent pas. Mais la principale raison du départ de ces contingents est que leurs pays considèrent que la crise malienne n’a pas un impact direct sur leur sécurité.

Un avenir incertain

Normalement, le mandat de la Minusma devrait être rallongé jusqu’à ce que l’accord pour la paix soit totalement appliqué, ce qui prendra encore du temps. Mais Moussa Mara a raison de souligner que la mission pourrait être écourtée faute de moyens dans un proche avenir.

Dans une interview à Jeune Afrique, le chef de la mission, Mahamat Saleh Annadif, se plaint : « Nous manquons de véhicules blindés, nous avons des soldats qui ne sont pas toujours bien formés, pas toujours bien équipés… et cela dépend des pays contributeurs de troupes. Je veux bien faire mon autocritique, mais il faut aussi que les pays nous fournissent les moyens adéquats. »

C’est dire que les plus grands contributeurs, les pays riches, ne sont pas très motivés. Les États-Unis de Donald Trump, déjà occupés par leurs guerres au Moyen-Orient, ne considèrent pas le Sahel comme une priorité pour leur sécurité. La France et les Européens, qui ont peur que la crise au Sahel provoque plus d’immigration et d’activités terroristes en Europe, semblent plus miser sur des forces plus musclées comme Barkhane ou le G5 Sahel.

Est-ce grave, docteur ?

Si la Minusma s’en va dans une, deux ou trois ans, est-ce grave pour le Mali ? C’est évident. Sa présence injecte beaucoup de dollars dans l’économie malienne, et cela ne fait aucun doute que ceux qui y ont reçu des emplois bien rémunérés, ou les hôteliers qui lui vendent leurs services, en subiront les conséquences à court terme.

Mais sur le long terme, cela aidera peut-être le Mali à retrouver son autonomie et à compter sur la créativité de son peuple et non pas sur le soutien extérieur.

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Les commentaires récents (4)

  1. si jamais la France ne libère pas l’Afrique de ses soifs elle attendra le mot liberté sans pour autant l’avoir.elle ne sera jamais libre tant qu’elle prive l’Afrique de sa liberte

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