Après 500 km de marche par Tiekoro Dabo, l'école de Lahandy attend toujours d’être réhabilitée
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Après 500 km de marche par Tiekoro Dabo, l’école de Lahandy attend toujours d’être réhabilitée

Une année après le périple de  Tiekoro Dabo, l’école de Lahandy, dans la région de Kayes, n’a toujours pas été réhabilitée. Malgré la promesse faite par les autorités, la situation reste toujours préoccupante.

Dans cette école construite en 1981, il y a 287 élèves. Et, pour défendre la cause de ces apprenants, Tiékoro Dabo, professeur d’allemand, avait pris l’initiative de marcher de son village de Lahandy, dans le cercle de Bafoulabé (Kayes), à Bamako. A travers cet acte, le jeune enseignant a suscité de l’espoir dans sa communauté : celui de voir l’école primaire de son village natal réhabilitée.

En arrivant à Bamako le 30 septembre 2019, après avoir parcouru 500 kilomètres à pied durant 12 jours, Tiekoro Dabo ne pensait certainement pas qu’il passerait une année sans que les doléances ne soient satisfaites. Avant d’entreprendre son initiative, il avait expliqué à l’époque : « En posant cet acte, j’espère que les autorités seront sensibles à nos préoccupations et accéderont à notre demande afin de sauver l’école de Lahandy. »

Pourtant, à la place de la Liberté à Bamako, le 30 septembre 2019, cet enseignant avait été accueilli en grande pompe par une immense foule enthousiaste et optimiste, y compris les ressortissants de Bafoulabé à Bamako.

Promesses non tenues

Devant les caméras de télévisions et les chaines de radio, qui s’étaient mobilisés à l’occasion de son arrivée, tout portait à croire que les autorités allaient réagir favorablement à ses doléances.

« Construire les salles de classe, de façon magique, serait difficile », avait alors lancé le secrétaire général du ministère de l’Éducation nationale, tout en promettant de faire remonter les doléances à sa hiérarchie pour que « Lahandy ait des salles de classe courant 2020 ». A ce jour, il n’y a plus eu de contact avec les autorités, nous a fait savoir M. Dabo.

Déception

Au soir même de son arrivée dans la capitale malienne, où le monde entier a découvert le courage et l’abnégation du jeune Tiekoro, environ 900 écoles restaient encore fermées dans le nord et le centre du Mali à cause de l’insécurité.

Bien que déçu à cause de la longue mais infructueuse attente, Tiekoro Dabo nous assure qu’il ne compte pas baisser les bras. « Ensemble, sauvons l’école de Lahandy », plaide-t-il. Dans le village de Lahandy, la déception est aussi perceptible. Les villageois et les enseignants ont du mal à digérer et à comprendre le mutisme des autorités sur cette question. « Nous sommes vraiment déçus de la négligence de ce dossier. L’action menée par Dabo a suscité beaucoup d’espoir chez nous.», confie un habitant du village.

Quant à M. Bodé Dembélé, directeur du premier cycle de Lahandy, celui-ci deplore : « Depuis la marche de M. Dabo, nous sommes toujours dans l’attente mais rien pour l’instant. J’avoue que la rentrée des classes est un véritable casse-tête pour nous et en tant qu’enseignant, je suis inquiet pour nos apprenants qui étudient dans des conditions extrêmement difficiles. Déçus, oui, mais nous gardons quand même espoir qu’un jour la situation connaitra une issue favorable. Si rien n’est fait, la situation deviendra catastrophique pour nous et nos élèves

Un élan de solidarité pour trouver la solution

Malgré sa déception, le jeune cadre, âgé de 31 ans, tient à afficher sa détermination à poursuivre son combat. Il affirme  être prêt à refaire sa marche jusqu’à ce qu’il obtienne gain de cause. « Tant que la situation n’est pas réglée, je vais toujours continuer à marcher autant de fois que je peux pour réclamer le droit à l’éducation en faveur des pensionnaires de cette école. C’est la responsabilité d’un État ; il lui incombe de donner une éducation à tous les enfants.»

Pour sauver l’école de Lahandy, plusieurs pistes sont envisageables. Les ressortissants du cercle de Bafoulabé, vivant en Europe, doivent se donner la main pour réhabiliter cet établissement voire construire de nouvelles classes afin de redorer le blason de cette école qui faisait la fierté du Bambouck ou de la contrée.

En plus de la diaspora, les cadres de cette localité, en synergie d’actions, peuvent contribuer à la résolution définitive de la question en aidant les populations du village de Lahandy qui se battent, depuis des années sans succès, à la recherche de solutions à leur problème.


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Les commentaires récents (3)

  1. Merci infiniment M. Michel YAO pour cet article si important.
    Non seulement un soutien de votre part, mais aussi une manière de contribuer à la résolution de la situation critique que traverse notre école.

     » Ensemble sauvons l’école de Lahandy « 

  2. Mon frère Dabo si les autorités n’ont pas accompli leurs promesses on continuera à lutter jusqu’au bout par ce que la promesse est une dette
    Bref :que le bon Dieu nous aide 🙏