Identité numérique : les réseaux sociaux ouvrent ou ferment des portes
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Identité numérique : les réseaux sociaux ouvrent ou ferment des portes

Les réseaux sociaux sont un espace de liberté sans précédent. Mais cette liberté peut être un tremplin ou un piège. Dans cet article, Yehia Boré partage son expérience personnelle : comment il a fait de ses pages en ligne un outil d’expression, d’apprentissage et d’opportunités – tout en appelant les jeunes à en faire de même, avec conscience et constance.

Nous avons tous une identité nationale. Mais désormais, une autre s’impose : l’identité numérique. Elle se forge à travers nos publications, nos interactions, notre manière de nous présenter au monde.

Les réseaux sociaux peuvent ainsi ouvrir toutes les portes – ou les refermer pour longtemps. C’est ce que j’ai compris très tôt. J’ai donc choisi de publier des contenus utiles à ma communauté : mes lectures, mes voyages, ma ville de Tombouctou, les initiatives auxquelles je participe. Ces choix m’ont beaucoup apporté, humainement et professionnellement.

1. Partager mes activités avec ma communauté

Depuis des années, à chaque fois que j’anime une cérémonie, participe à une rencontre associative, j’en fais part à ma communauté à travers de belles photos, un texte soigné pour montrer ce que je fais. Petit à petit, cela m’a donné de la crédibilité. Les gens m’ont vu régulièrement à l’œuvre, et ont commencé à me solliciter : entreprises, institutions financières, même des ministères. Les réseaux sociaux m’ont permis de montrer ce que je savais faire, et cela m’a énormément servi et continue de me servir.

Mon exemple peut servir aux jeunes qui se demandent : « Que publier ? » Vous n’avez pas besoin d’inventer la lune. Vous faites déjà quelque chose dans la vie, partagez-le. Montrez vos compétences. Mettez en avant ce qui vous distingue. Petit à petit, vous verrez que certains décideront de vous faire confiance, et vous pourrez bâtir une réputation dans un domaine de compétence qui peut vous rapporter – mais surtout bâtir un réseau solide à long terme.

2. Parler de lecture, d’écriture et de cinéma

Ceux qui me suivent savent que je suis passionné de livres : je lis beaucoup. Je partage cette passion au quotidien sur les réseaux sociaux. Et honnêtement, c’est cette passion qui m’a fait connaître de très nombreuses personnes. À chaque fois que je termine un livre, je publie un résumé, j’échange avec ma communauté. Je reçois d’excellents retours : « Grâce à vous, j’ai lu tel livre », « C’est incroyable ». Je fais la même chose avec les films que je regarde. Partager, pour moi, ce n’est pas juste montrer ce que j’aime, mais aussi donner à d’autres l’envie de se cultiver, d’en apprendre plus grâce au cinéma et aux livres.

Vous avez aussi des passions : musique, sport, jeux, mangas, dessins animés. Les réseaux sociaux peuvent être un espace pour que vous les partagiez, considériez ce qu’ils vous apportent et ce que les autres peuvent en apprendre. Là, vous n’aurez même pas à « faire un truc spectaculaire », ça viendra naturellement, et le public appréciera.

3. Partager du contenu drôle avec ma communauté

J’aime rire et faire rire les autres. Je publie parfois des vidéos drôles : pour faire plaisir à ma communauté, mais aussi pour détendre l’atmosphère. Car tout sérieux tue parfois le sérieux. Je pense qu’il est important de lâcher un peu prise. Ces contenus sont souvent ceux que ma communauté aime le plus : partagés, commentés, ils créent de la connexion. Parce que derrière l’écran, les gens cherchent aussi des choses simples : rire, ressentir une émotion.

4. Créer une marque, une identité, une philosophie

Aujourd’hui, quand vous entendez « DjamanaBeDjo », vous pensez à Yehiya Boré. C’est devenu une marque liée à mon nom, une philosophie, une identité créée au fil des ans. Elle a du sens, elle me permet d’avoir une ligne éditoriale : encourager les autres, diffuser des messages d’espoir, prôner l’optimisme et la persévérance.
Je pense qu’il est important que sur les réseaux sociaux, les jeunes prennent le temps de le faire : de réfléchir à qui ils sont, à quel message ils veulent transmettre. Cela devient leur signature, cela aide à comprendre ce qu’ils veulent vraiment. Ça permet de sortir du lot — mais surtout de rester cohérent.

5. Participer au débat national sans parler de tout

Vous êtes citoyen d’un pays, il est important que vous donniez votre avis sur des sujets qui vous concernent, que vous participiez au débat. Si vous avez des choses à dire, faites-le.

Mais ne faites pas l’erreur de vouloir parler de tout. À force d’intervenir partout, on finit par se perdre, par perdre sa crédibilité. Vous ne pouvez pas être expert sur tous les sujets. Si chaque jour vous intervenez sur un thème différent, vous serez moins écouté, et ceux qui vous suivent douteront de ce qui faisait votre force au départ. Choisissez des sujets que vous maîtrisez ou sur lesquels vous avez une vraie réflexion. Cela renforcera votre crédibilité.

6. Soyez constants et créatifs

Les réseaux sociaux, ce n’est pas de la magie. Il faut être patient, être constant, continuer à publier et valoriser ce que vous faites même quand vous avez l’impression que « ça ne marche pas », que personne ne vous suit. Parce qu’au début, c’est toujours ainsi. Cela vous paraîtra difficile mais ne vous découragez pas. Insistez. Faites-le. Et progressivement, vous verrez un changement s’opérer.   

Pourquoi je partage ces quelques points ? Parce que j’ai vu comment les réseaux sociaux pouvaient offrir des opportunités et permettre de grandes choses si nous savons les utiliser à bon escient. Ils m’ont permis de voyager, de rencontrer de belles personnes, d’avoir des opportunités incroyables, faire de la télé pendant deux ans, avoir des prestations partout au Mali, contribuer à ma façon à la construction de l’édifice national.

Un moment dont je suis très fier : ma vidéo sur Tombouctou, partagée sur les réseaux sociaux, est devenue virale, et à un moment critique elle a permis de donner de l’espoir à de nombreuses personnes. Elle a coïncidé avec l’attaque du  bateau Tombouctou  de la Comanav. Diffusée sur la chaîne nationale, elle a été une belle contribution en des heures difficiles.
Et aujourd’hui encore, ces réseaux sociaux me servent : et je suis certain qu’ils peuvent faire la même chose pour vous à condition que vous décidiez de bien les utiliser.

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