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Négocier avec les djihadistes : une perte de temps

L’international Crisis Group préconise dans un récent rapport la négociation avec les djihadistes. Pour Sega Diarrah, c’est une fausse bonne idée et une perte de temps.

« Le pouvoir qui se dégrade n’obtient jamais merci de ses ennemis », disait Chateaubriand. Face à la multiplication des attaques au Mali, notamment dans ses régions du Centre, l’International Crisis Group a préconisé, dans un récent rapport, la fausse bonne idée au gouvernement malien d’ouvrir des négociations avec les terroristes.

Accepter de négocier aujourd’hui avec des djihadistes tel que Hamadoun Koufa serait un aveu d’échec de notre stratégie de sécurisation du centre du Mali et encouragerait les autres groupes terroristes à récidiver. Cette mesure, qui permettra aux terroristes d’atteindre leurs objectifs facilement par la négociation, déstabilisera toute la sous-région.

Dialoguer avec eux est une perte de temps. Nous allons perdre des mois pour, au meilleur des cas, aboutir à un résultat juste « symbolique ».

Koufa, un faible

Si la négociation ne permet pas aux terroristes de satisfaire leurs demandes initiales, celles d’installer un califat, ils ne seront pas incités à dialoguer. Et Hamadoun Koufa et Iyad Ag Ghaly le savent aujourd’hui : le jeu n’en vaut pas la chandelle.

Dans les rares cas où des terroristes radicaux du Mali ont accepté de négocier, c’était pour discuter de la libération de prisonniers ou du versement de rançon. Cette pratique, qui est indispensable pour arriver à des négociations ultérieures, alimente les caisses de l’organisation terroriste.

Hamadoun Koufa, pour ne parler que de lui, est un faible : il exprime la frustration d’une personne suicidaire. Il ne veut pas que le Mali refasse son unité, il le veut meurtri, ensanglanté. Il est persuadé de la justesse de sa barbarie et il pense être en mission divine. Comment arriver à témoigner du respect pour un tel personnage ? Pourtant, le respect est une condition indispensable dans toute négociation. C’est le légitimer comme un partenaire et un égal au gouvernement, puisqu’il pourra opposer son veto à tout accord.

Vaincre les radicaux

Une autorité légale n’ouvre des négociations avec un groupe terroriste que lorsqu’elle s’aperçoit qu’elle ne peut plus arriver à ses fins par d’autres moyens. C’est aussi un signal pour les groupes  terroristes qui n’ont aucun intérêt à négocier. Aujourd’hui, Koufa n’est pas dans un blocage dommageable, il n’est pas dans une impasse intenable, il n’a donc aucun intérêt à partager le caractère dommageable du blocage actuel dans le centre du Mali.

La négociation avec les terroristes radicaux du centre est une perte de temps. Koufa ne prend pas d’otages pour les échanger contre rançon, mais il prend plutôt une revanche, mène des actions punitives contre les populations locales et répand la peur. Son moyen d’action de prédilection reste l’attentat suicide.

Je reste convaincu qu’on ne négocie pas avec le mal. On le vainc. Même si aucun conflit n’est insoluble, l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali, signé en 2015, a déjà permis de séparer les terroristes conditionnels des terroristes radicaux. Nous avons donc déjà discuté avec les terroristes conditionnels et les modérés, il ne reste plus maintenant qu’à vaincre les terroristes radicaux.

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Les commentaires récents (0)

    1. A mon avis, dans le contexte actuel, négocier constitue une autre façon de vaincre. Il s’agit de vaincre par la négociation les violences qui continuent d’affaisser les rapports intercommunautaires et les systèmes d’échange économiques au Centre du Mali.

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