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À Rharous, les cortèges nuptiaux inquiètent les populations

Rharous est une localité située à 140 kilomètres de Tombouctou. Dans cette partie enclavée du pays, les utilisateurs d’engins à deux roues sont les principales victimes des accidents de la route à cause des excès de vitesse et du terrain sablonneux. Mais les cortèges nuptiaux ont doublement aggravé le phénomène.

Le dernier accident s’est produit le 15 juillet dernier. Le cortège composé d’une dizaine de véhicules et plus d’une cinquantaine de motos, a pris le départ devant le domicile de la mariée. Il a emprunté la principale artère de la ville. Juchés sur les motos à deux et souvent à trois, filles et garçons roulaient à tombeau ouvert, dans un joyeux concert de klaxons.

Une dizaine de minutes plus tard, plusieurs motos se heurtent dans un assourdissant bruit de tôles froissées, provoquant une grande panique. Des corps sont à terre. Un jeune homme de 19 ans et deux jeunes filles poussent des cris, couverts de sang. La fête a tourné au drame. On évacue les blessés à l’hôpital. Heureusement, il n’y a pas de morts ce jour-là.

Une loi contre les cortèges nuptiaux ?

Malheureusement, cette scène n’est pas un cas isolé. À peu près chaque semaine, les cortèges nuptiaux comptent leurs lots d’accidentés. Les motards s’adonnent à toutes sortes d’excentricités sans considération du code de la circulation routière, et sans s’imaginer qu’ils peuvent se mettre en danger, eux et leurs amis. Les victimes de ces drames doivent souvent aller se faire soigner dans les centres hospitaliers de Tombouctou, Gao, Mopti ou Bamako.

Des parents, qui pensent que leurs enfants sont en danger, veulent que les autorités interdisent ces excentricités lors des mariages. Mohamed Touré, habitant de Rharous, a plusieurs fois été témoin d’accidents lors des cortèges nuptiaux. Pour lui, il faut sanctionner les contrevenants.

« À mon avis, les autorités doivent agir avant qu’il ne soit trop tard. On ne peut plus compter nos accidentés. Il faut même une loi qui interdise les cortèges exagérés. On ne peut pas continuer à mêler un évènement heureux à un autre malheureux à la fois, le même jour. C’est intenable ! », se lamente M. Touré.

Malheureusement, on constate une complaisance et même une négligence de ceux qui sont censés appliquer le code de la circulation routière. Si un gendarme arrive sur les lieux, un billet de banque suffit pour que les fautifs s’en tirent sans être punis.

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