politique malienne nul politique pour les nuls
article comment count is: 0

La politique malienne pour les nuls (1)

« Beaucoup accourent quand le plat est servi, mangent à satiété, et de peur d’avoir à participer à la vaisselle, bien rassasiés, se retirent piteusement. » Cette diatribe du président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) qui a fait mouche résume bien la politique malienne, écrit le blogueur Bokar Sangaré, dans cette première partie d’une série sur la politique malienne pour les nuls. 

Les piques du chef de la majorité présidentielle sont arrivées à un moment où les désertions dans ses rangs ne provoquaient plus d’effet de surprise. Et le plus saisissant, c’est qu’elles ont eu le mérite de relancer le débat sur une classe politique que certains ne se privent pas de comparer à une bande de malins oisifs bons à rien, sinon à assouvir leurs propres envies qui passent avant l’intérêt des électeurs et du pays.

Il aurait été révolutionnaire qu’un changement quelconque se produise dans le landernau politique malien suite à l’élection présidentielle de 2018 dont la tenue, vue de l’extérieur, était considérée comme un indicateur de sortie de crise car elle est toujours là, la crise. Une preuve que les Maliens sont en train de bien gérer leurs propres problèmes.

Des coalitions pour rien

Au départ, il y avait plusieurs camps : le camp présidentiel ; la coalition pour l’alternance et le changement (formée dans la perspective d’un second tour et réunissant Soumaïla Cissé, Mamadou Igor Diarra, Aliou Diallo, Daba Diawara, Kalfa Sanogo, etc.) ; la coalition Cheick Modibo Diarra (CMD, Moussa Mara, Konimba Sidibé), la convention des bâtisseurs (qui ne se dit ni de l’opposition, ni de la majorité et composée de Modibo Sidibé, Moussa Sinko Coulibaly, Modibo Koné, Mountaga Tall, Dramane Dembélé, etc.) et le reste, c’est-à-dire les candidats qui se présentent en dehors des coalitions.

Mais le mystère de la politique malienne réside dans le refus ou l’incapacité de la classe politique à offrir aux populations autre chose que le même cirque à chaque élection. Alors qu’on en était encore à souhaiter voir autre chose, même avec des anciens amis d’IBK face à lui, ces coalitions qui se voulaient des alternatives à IBK et qui faisaient rêver plus d’un se sont évaporées dans la nature après le premier tour.

Spécialité des alliances

Résumons : lors de ces élections présidentielles au Mali, certains hommes politiques, surtout ceux qui ne sont arrivés à rien au premier tour, se sont fait une spécialité des alliances qui dépassent la compréhension même des observateurs avertis. Il y avait une dissonance généralisée : aucune cohérence entre les discours et les actes. En guise d’exemple, Yeah Samaké était devenu un pourfendeur d’IBK après qu’il a été viré de son poste d’ambassadeur en Inde, mais l’a soutenu au second tour ; Housseïni Amion Guindo avait démissionné du gouvernement pour se présenter contre celui qu’il avait soutenu en 2013 et qu’il a finalement soutenu en 2018 au second tour. Il en est de même pour Modibo Koné.

Au point qu’on a le sentiment que le seul qui n’est pas dissonant, qui est rassurant, c’est IBK. Alors, vous voulez toujours saisir quelque chose à la politique malienne ? Circulez, il n’y a rien à comprendre !

 

Est-ce que vous avez trouvé cet article utile?

Partagez-nous votre opinion