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Crise économique au Mali : comment en sommes-nous arrivés là ?

L’année qui vient de s’écouler a été pénible pour les Maliens. Du petit agriculteur jusqu’au plus haut sommet de l’État, c’est la même plainte : « Ça ne va pas ! ». Pourtant cette crise n’est que la conséquence des évènements survenus en 2012, écrit le blogueur Ousmane Hassimi Soumbounou.

La crise que connait notre pays a fortement touché la quasi-totalité des entreprises. Beaucoup ont dû diminuer leur production. Ces entreprises évoluent dans des domaines tels que « textile et cuir », « pétrochimie, plastique et caoutchouc » ou encore « métiers du métal ». 44% de ces entreprises évoquent la baisse des commandes comme raison de la diminution de la production.

Selon le rapport d’une étude menée par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), publié en février 2013, cette crise a énormément affecté l’économie malienne.

L’Hôtellerie, secteur le plus touché

C’est le secteur de l’hôtellerie qui a le plus souffert de cette crise, car le nombre de visiteurs étrangers a énormément baissé. Le total cumulé du nombre de visiteurs dans les établissements hôteliers, du mois de janvier 2012 au mois de juillet 2012, a baissé de près de 90% par rapport à la même période de 2011. Cela a entraîné des pertes énormes dans ce secteur, aboutissant ainsi à des fermetures d’établissements. Ainsi, 44 hôtels ont-ils fermé leurs portes dont 7 à Bamako.

En 2015, la pire des années, ils n’ont ainsi été que 35700 à choisir le Mali comme destination touristique, selon la Banque Mondiale. Si le secteur a eu tendance à redémarrer l’année suivante, pour atteindre 173200 touristes en 2016, et un nombre sensiblement égal l’année suivante, certaines zones du pays, comme Tombouctou, continuent à pâtir sérieusement de la crise.

Les déguerpis

La crise économique de 2018 est aussi la résultante de l’opération de déguerpissement des petits commerces et autres activités, des trottoirs, menée en 2016. Cette opération fut entreprise par le gouvernorat du district de Bamako dans le cadre de la préparation du Sommet Afrique-France, organisé au Mali en janvier 2017.  Si elle a permis de dégager les trottoirs et faciliter la circulation, il faut reconnaitre que cette opération a constitué une source d’aggravation de la pauvreté.

Mady Togola, qui revendait les pièces de rechange de moto dans un kiosque installé au bord d’une voie principale, joint difficilement aujourd’hui les deux bouts : « Nous sommes obligés de mener notre activité de la sorte, car nous n’avons pas les moyens de louer un magasin, explique-t-il. Depuis qu’ils ont dégagé mon kiosque, je n’ai pas obtenu un autre lieu aussi bien placé que l’ancien. Désormais, je gagne difficilement de quoi subvenir aux besoins de ma famille. »

L’élection présidentielle à la charge de l’État

L’organisation de l’élection présidentielle de juillet 2018, qui a couté 29 milliards FCFA, a contribué à affaiblir financièrement l’État. Le trésor public s’est appauvri. Également, nous avons tous appris avec étonnement l’annulation d’une grande partie des bons d’essence de la présidence. Aujourd’hui, l’État se trouve dans l’incapacité de rembourser sa dette intérieure qui s’élève à 200 millions de FCFA.

Une autre preuve de la visibilité de cette crise sur la vie des Maliens est la faible affluence dans le grand marché de Bamako, appelé marché de Dabanani. Bourama Diallo est commerçant au grand marché. Avant cette crise, il pouvait réaliser un chiffre d’affaires de plusieurs millions de FCFA par jour. Aujourd’hui, il ne cherche que quelques milliers de FCFA pour subvenir aux besoins de sa famille.

Une croissance paradoxale

N’eut été une bonne tenue de la production minière (+7.5% du PIB) et du secteur primaire (+8%), qui a profité du rebond spectaculaire de la production agricole (+13%), l’impact négatif de la situation d’instabilité politique sur l’activité économique aurait été plus élevé.

Paradoxalement, depuis 2012, le Mali a même renoué avec la croissance. Après une croissance négative de 1,5% en 2012, le Mali a réalisé successivement de 2014 à 2017 les taux de PIB suivants : 7%, 6%, 5,8%, 5,4%, selon la Banque africaine de développement (BAD).

A causes des difficultés que connaissent également les pays où ils étaient, beaucoup de Maliens de la diaspora ont été obligés de rentrer. Une situation qui a contribué à aggraver la crise.

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Les commentaires récents (2)

  1. Bonjour, je m’appelle Ousmane, je suis étudiant en mécatronique, j’ai 18 ans et j’ai pratiquement toute ma vie ici en Espagne. J’ai découvert ce blog et cela me semble une merveille. Je suis heureux qu’il y ait des gens avec des points de vue comme le mien, je veux savoir les gens du pays pour parler de la situation du pays et les autres, qui est intéressé à me contacter peuvent m’écrire à mon email [email protected] ont fait un travail extraordinaire avec le blog, bonne chance

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