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Au Mali, péril sur le fleuve Niger

Le plus grand fleuve qui traverse le Mali et permet à plusieurs citoyens de mener des activités génératrices de revenus est menacé dans son existence. Plusieurs activités comme la navigation, la pêche, la production d’électricité contribuent à l’économie malienne. Mais, aujourd’hui, cette richesse naturelle abandonnée risque de disparaître si rien n’est fait, estime le blogueur Fousseini Togola.

Le fleuve Niger, appelé « Djoliba » en langue mandingue, est menacé. C’est le cas dressé depuis 30 ou 40 ans, et cette situation s’explique comme une conséquence des sècheresses successives et une baisse de la pluviométrie. Le changement climatique est pointé d’un doigt accusateur en permanence comme cause de cette situation.

C’est ce qu’explique Baba Faradji N’Diaye, chef du département protection et gestion des écosystèmes à l’Agence du bassin du fleuve Niger (ABFN) dans une interview accordée au quotidien Les Échos, en mars 2018 : « La péjoration climatique à sa part, mais il faut dire que ce n’est pas quelque chose de nouveau. On appuie beaucoup effectivement la péjoration climatique parce que depuis 30 ou 40 ans on est dans ce contexte, on est dans ce climat changeant qui fait qu’il pleut moins. »

Des responsabilités partagées

En dehors du changement climatique, d’autres facteurs méritent d’être rappelés : les populations déversent des déchets toxiques dans le lit, faisant ainsi du « Djoliba » une décharge finale. A cela, s’ajoute l’orpaillage par la drague. La déforestation vient également enfoncer le clou. Cette situation provoque l’avancée du désert, qui aboutit à l’ensablement du fleuve. Pire, il est aisé de constater que ce cours d’eau semble ne pas être une priorité pour les autorités.

Ce qui choque davantage, c’est l’insouciance de certains travailleurs dans le lit de ce fleuve. C’est le cas d’Ousmane Guindo, un exploitant de sable sur la rive droite du fleuve Niger, à Kabala (au sud-est du district de Bamako). « Cette baisse du niveau du fleuve nous facilite notre travail, affirme-t-il. Au lieu de parcourir des kilomètres ou de descendre à des profondeurs inestimables de l’eau à la recherche du sable, nous le trouvons facilement sans parcourir de longues distances. »

Des espaces cultivables abandonnés

Des paysans, dont l’essentiel des ressources financières provient de la terre ont été contraints d’abandonner leurs terres. Les espaces réservés à la culture ne recevaient plus d’eau. Moulaye Bagayoko pratique le maraîchage sur la rive du Niger, à Kabala. Au début du mois de février 2019, je l’ai rencontré dans son jardin. Les yeux hagards, Moulaye contemple le petit lopin de terre qui lui reste pour subvenir à ses besoins : « J’ai été obligé d’abandonner une partie de mon jardin parce qu’avec le recul de l’eau, j’ai trop de difficultés à la faire venir jusque dans mon jardin. Je suis sûr qu’à ce rythme, d’ici juin-juillet, je cesserai complètement ce travail à cause de cette baisse ».

D’autres conséquences peuvent s’en suivre, notamment dans les zones rizicoles. La sauvegarde du fleuve Niger est une urgence pour le bien-être de toutes les populations. Sa protection doit être la priorité de tout le monde. Les autorités doivent revoir l’utilisation des dragues dans son lit et prendre des mesures de surveillance accrue. La question de la police environnementale doit se concrétiser afin de prévoir des sanctions.

 

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