Gao-Bamako : les escortes rassurent les voyageurs
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Gao-Bamako : les escortes rassurent les voyageurs

Grâce aux Forces armées maliennes, les voyages de Gao à Bamako sont de plus en plus sécurisés. les escortes rassurent les voyageurs selon notre blogueur

Voyager sur la route nationale 16, qui rallie Gao à Bamako, en passant par Sévaré, n’était plus rassurant pour les populations. Ce n’est pas la satisfaction absolue aujourd’hui, mais les voyageurs sont maintenant un tout petit peu confiants, grâce aux militaires, qui escortent les véhicules de transport.

Pour pallier le problème d’insécurité, qui règne sur l’axe Gao-Hombori, les transporteurs de Gao ont en effet demandé aux autorités d’escorter les bus des passagers afin d’éviter qu’ils ne soient braqués : « Avant l’escorte militaire, il y a plus d’une année, tous les jours, des bus étaient braqués, les passagers dépouillés de leurs biens. Des femmes violées et ceux qui refusaient d’obtempérer battus », déclare un chauffeur de bus.

Bus escortés

Si aujourd’hui, ceux qui n’ont pas de place sur un vol de la Minusma, ou les moyens de se payer un billet Gao-Niamey-Ouaga-Bamako, arrivent encore à faire le voyage sur Bamako par l’axe Gao-Sévaré, c’est grâce à nos Forces armées maliennes et à quelques rares compagnies de transport.

Prendre la route à cette période reviendrait à courir le risque de subir toutes les humiliations possibles de la part des bandits armés. Mais, depuis que les bus sont escortés par les militaires, les voyages sont de plus en plus paisibles. Certains voyous, plus déterminés à nuire, trouvent encore le temps de poser des engins explosifs improvisés qui font plus de dégâts en termes de pertes en vies humaines. Même si les escortes ralentissent – les voyages durent deux nuits pour la distance Gao-Sévaré en 570 kilomètres -, elles restent un soulagement pour les populations.

Plus long, plus cher, mais plus sûr

C’est le revers de la médaille. Il y a quelques années de cela, il fallait juste 24 heures pour rallier Gao à Bamako, avec un billet de bus qui ne coûtait que 15000 francs CFA. Aujourd’hui, il en faut 5000 de plus, et compter trois, quatre, cinq jours, voire même une semaine pour arriver à Bamako, en raison de l’escorte militaire de Gao à Hombori, mais aussi de l’état de la route entre Hombori et Konna.

« Il suffit juste de deux bonnes pluies et la route sera totalement impraticable. Toutes les compagnies risquent de quitter cet axe si rien n’est fait par l’Etat », me confie Ould, un jeune contrôleur qui travaille sur ce tronçon depuis plusieurs années.

Ces dernières années, beaucoup parmi les compagnies ont arrêté de desservir cet axe pour cette raison. Certes, la concurrence a été réduite et le prix des billets a augmenté, mais les compagnies de transport sont à féliciter. Elles font d’énormes sacrifices pour tenir et ne demandent pas beaucoup à nos autorités pour continuer. « Nous demandons juste à l’Etat de gratter un peu en attendant de trouver les moyens pour bitumer », confie ce chauffeur.

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