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Mopti : une brigade de surveillance pour sécuriser Konna

La brigade de surveillance de Konna, dans le centre du Mali, est aujourd’hui la seule qui inspire confiance aux populations de cette localité qui, désormais, ont décidé de collaborer avec elle.

Il était minuit moins cinq. Je sortais pour me rafraîchir chez Alassane Cissé, un ami pompiste et boutiquier. Un groupe de personnes en uniforme, à bord d’un tricycle, ont freiné devant la station d’essence pour faire le plein. C’étaient des membres de la brigade de surveillance de Konna. Leur mission : assurer la sécurité de la ville et des villages environnants, mais aussi créer un climat de quiétude entre les différentes communautés de Konna. Les domaines d’intervention de la brigade ne se limitent pas à la sécurisation de la ville : elle apporte également des aides dans beaucoup d’autres secteurs pour accompagner les autorités locales.

Ils sont au nombre de 486 jeunes volontaires, sans rémunération. « Ils se battent corps et âmes, nuit et jour, afin de lutter contre l’insécurité, le banditisme et la délinquance dans la commune de Konna », me lance mon ami.

Des volontaires sans rémunération

Chaque nuit, 60 jeunes engagés, munis de talkie-walkies, de bâtons, de torches et de machettes, sillonnent toute la ville : de Boguel à Kara Indé, de Kampola jusqu’au carrefour de Konna.

Les stigmates de la bataille de Konna sont toujours visibles à l’entrée de la ville. Des voitures brûlées, abandonnées aux bords de la route, ou encore des concessions gardant les traces des bombardements de 2013, lorsque les troupes franco-africaines sont intervenues pour stopper l’avancée des djihadistes vers le sud du pays.

Nous sommes en 2019. Mais les esprits sont comme en 2013, car l’insécurité dans le Centre touche aussi la ville de Konna. Les populations se disent que l’armée nationale est confrontée à des difficultés, qui changent les priorités du moment. Donc, ils ont décidé de prendre la sécurisation de la ville en main.

L’adhésion de la population

Avant la création de la brigade, il y avait beaucoup de tueries et de vols à main armée non justifiés. L’insécurité régnait partout dans la ville, selon certains témoignages. « C’est la brigade qui nous a enlevé cette épine au pied. Je la soutiens farouchement. De nos jours, la population de Konna compte sur la brigade plus que sur l’armée », témoignage Ousmane Kebé, un commerçant.

Le président du Conseil communal des  jeunes de Konna , Sékou Touré, est conscient de l’utilité de la brigade et montre son adhésion totale à l’idée de la sécurisation de la ville par ces jeunes. « La brigade assure la sécurité des personnes et de leurs biens, confie-t-il. Maintenant, personne n’a peur. Même les motos passent la nuit dehors sans inquiétude. Aujourd’hui, l’impact est vraiment positif. Les habitants peuvent en témoigner.»

Plus qu’une brigade

Si elle est devenue une inspiration pour les communes voisines, la brigade de Konna est aussi une  école pour toute la jeunesse : on y apprend le vivre-ensemble, l’acceptation de l’autre, les diversités culturelles et religieuses ainsi que la citoyenneté, témoigne Sékou Touré.

La patrouille démarre à minuit pile et se termine à cinq heures du matin. Pendant ce temps, personne n’est autorisé à rester dehors sous peine d’une nuit d’emprisonnement, couplé d’une amende de 1000 francs CFA. Lorsque la brigade arrête des malfrats, des voleurs, des brigands ou des délinquants, ils sont immédiatement remis à la disposition de la gendarmerie de Konna, le lendemain matin.

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