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Rapport 2019 de RSF : un petit pas en avant pour le Mali

Le 18 avril 2019, Reporters sans frontière a rendu public son « Classement mondial de la liberté de la presse 2019 ». A l’occasion de la journée internationale de liberté de la presse, Benbere revient sur ce rapport qui classe le Mali 112e contre 115en 2018.

Publié chaque année, depuis 2002, à l’initiative de Reporters sans frontières (RSF), le classement mondial de la liberté de la presse est un outil de plaidoyer auprès des États et des grandes institutions internationales. Mieux, c’est un baromètre de référence de la liberté de la presse dans 180 pays à travers le monde. Dans ce nouveau classement 2019 tombé le 18 avril 2019, on lit que le Mali occupe la 112e place sur le plan mondial et la 89e en Afrique. En 2018, le Mali était arrivé 115e et gagne donc trois places cette année.

Au cours de l’année passée, la liberté de la presse au Mali a, malgré tout, connu des soubresauts. On se souvient de la fermeture de la radio Renouveau FM par le gouverneur du district de Bamako à cause de l’émission à grande audience « Cartes sur table » du bouillant chroniqueur rastafari et porte-parole du Collectif pour la défense de la République (CDR), Youssouf Mohamed Bathily, alias  « Rast Bath ». « Une fermeture motivée uniquement par des raisons politiques », selon le président de la Maison de la presse, Dramane Aliou Koné.

Il y a aussi l’affaire des journalistes du site MaliActu.net, qui ont été accusés de chantage : ce qui n’a, à ce jour, jamais été prouvé. A cela vient s’ajouter l’agression du journaliste Hamidou Touré, directeur de publication de Malimedias.com par un cadre de la Commission vérité, justice et réconciliation (CVJR). Cette affaire non plus n’a pas connu de suite.

Ce n’est pas tout : la plainte de la présidente de la Cour constitutionnelle, Manassa Dagnoko contre le journaliste Boubacar Yalcouyé du quotidien Le Pays et bien d’autres affaires encore comme les censures d’Internet, montrent que le chemin est long. Ces quelques affaires phares ont terni un peu l’image de la liberté d’expression au Mali. Alors que nous sortons d’une année électorale pendant laquelle la presse a joué un rôle important dans l’éducation et l’information de la masse.

Un mauvais score à féliciter tout de même

Pour le président de la Maison de la presse du Mali, Dramane Aliou Koné, on a assisté à des atteintes à la liberté de la presse l’an dernier. Mais, ajoute-t-il, « j’estime que  ce classement est une bonne chose même si on est loin de notre classement d’antan. C’est un pas en avant. »

Pour ma part, ce classement est précédé par des années qui ont été catastrophiques pour la liberté de la presse au Mali. On se souvient de l’assassinat dans le pire style mafieux de deux journalistes de RFI, Claude et Ghislaine Dupont en 2013 à Kidal. Ou encore de la disparition du journaliste Birama Touré depuis 2016. Aucune de ces affaires n’a été élucidée au jour où nous sommes. Donc, ce classement n’est pas un bon score, mais ce n’est pas rien quand on sait d’où l’on vient.

 

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