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Tombouctou : une route tout de suite, maintenant

Après Kati et Kayes, c’est au tour de la ville de Tombouctou de manifester pour réclamer la reprise des travaux de reconstruction de la route Goumacoura-Tombouctou.

Tout est parti d’une phrase que le Premier ministre, Dr Boubou Cissé, aurait prononcé au cours de sa rencontre avec les jeunes du collectif SIRAKO, fer de lance des manifestations pour la réhabilitation de la route Bamako-Kayes. Ces manifestants ont bloqué la route Bamako-Kayes durant plusieurs jours pour réclamer la reprise des travaux.

Les Tombouctiens ont été indignés d’apprendre que le gouvernement malien comptait redéployer la SATOM, qui a encore du matériel à Tombouctou, à Kayes pour une remise en état rapide de la route, selon des propos prêtés au Premier ministre par des internautes. La question que bon nombre de personne se posent : pourquoi ce redéploiement, alors qu’elle n’a pas achevé ce qu’elle a commencé à Tombouctou.

Les travaux de réhabilitation de la route Goumacoura-Tombouctou ont été interrompus après des attaques terroristes contre la compagnie SATOM, filiale du groupe Vinci, spécialisé dans les travaux de bâtiments, de forage et de génie civile (une date?). Ces travaux avaient commencé avant l’occupation de la « ville des 333 saints », comme les autres régions du Nord, par les groupes armés.

Tombouctou veut une route

La fronde est montée d’abord, le 29 avril, sur les réseaux sociaux, à travers le hashtag #TombouctouVeutUneRoute pour se terminer par un appel à manifester lancé par un collectif dénommé « Tombouctou réclame ses droits ». Les jeunes ont occupé les rues et barricadé plusieurs endroits en brulant des pneus sur toutes les grandes voies de la cité, le lundi 2 septembre. Tout passage aux points de sortie de la ville ont été interdits par les manifestants. Les forces de l’ordre ont riposté au moyen de gaz lacrymogènes.

Une journée ville morte a été organisée par le Cadre de concertation et d’action pour Tombouctou, qui comprend toutes les organisations de la société civile. Pour les manifestants, le Premier ministre doit faire une sortie officielle pour démentir ou confirmer les propos qu’on lui prête. « S’il ne le fait pas, alors tout porte à croire qu’effectivement cette décision a été prise par le gouvernement et puisqu’elle ne nous arrange pas, nous n’accepterons pas », déclare Ag Ali, un habitant de la ville.

Le calme avant la tempête ?

Pendant que les manifestants étaient en colère, la député élue à Tombouctou, Honorable Aziza Mint Kattra, a essayé d’apaiser les débats en parlant d’un démenti du Premier ministre. Depuis le démenti, la tension s’est apaisée ce mardi 3 septembre. Un sit-in a eu lieu à la Place de l’indépendance de Tombouctou devant le gouvernorat.

Mais certains tombouctiens affirment que même si le chef du gouvernement n’a pas tenu ces propos, le problème de route à Tombouctou demeure préoccupant. Ils sont donc plus que jamais décidés à mener le combat pour que leurs routes retrouvent le rayonnement d’antan. On attend de voir la suite, car bien que le calme règne actuellement, ce n’est pas vraiment fini.

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