Vignettes pour motos tricycles : et le grand perdant est…l’État malien !
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Vignettes pour motos tricycles : et le grand perdant est…l’État malien !

Mis en circulation en 2006 sur initiative de l’Agence malienne pour la promotion de l’emploi (ANPE), les tricycles font perdre au système fiscal malien plusieurs millions de francs CFA, selon le blogueur Fousseyni Togola.

« À quoi bon prendre une vignette si cela n’empêche pas les agents de police de te demander de l’argent à chaque fois que tu as des chargements ? », s’interroge un conducteur de moto tricycle, à Bamako. Cette interrogation est servie par beaucoup d’autres conducteurs, dans la capitale malienne, pour justifier leur refus de se procurer la vignette. Kalilou Sangaré, membre de l’Union nationale des travailleurs de l’économie informelle (UNTEI), abonde dans le même sens en indiquant que « la possession de la vignette n’empêche pas les tracasseries des agents de police, chargé du contrôle de la circulation routière ».

Avec un parc de plus de 8000 tricycles uniquement à Bamako, selon M. Sangaré, nous estimons ce qu’empocherait des agents de police du district avec les conducteurs de tricycles à près de 4 millions de francs CFA en raison de 500 francs CFA par jour et par engin. Par contre, l’État perdrait, chaque jour, plus de 264 millions de francs CFA en raison de 33 000 francs CFA comme prix unitaire de la vignette.

Rackets

A la Compagnie de la circulation routière (CCR), le Commandant Abdoulaye Coulibaly dément les accusations selon lesquelles ses agents racketteraient conducteurs de tricycles. Selon celui-ci, les conducteurs de motos tricycles ne sont sifflés que lorsqu’ils ne respectent pas l’arrêté portant réglementation de la circulation des tricycles à moteur. En plus de cela, lorsqu’ils sont en situation de surcharge, ils sont également interpellés, dit-il. Toutes choses confirmées par les agents de la CCR, qui précisent que la vignette n’est demandée qu’en cas d’infraction.

Un Tricycle chargé de sacs de charbon dans la  circulation à Bamako. Crédit photo : Fousseni Togola
Un Tricycle chargé de sacs de charbon dans la circulation à Bamako. Crédit photo : Fousseni Togola

700 FCFA contre un ticket de 200 FCFA

À Ngolobougou, quartier périphérique de Bamako dans la commune rurale de Kalabancoro, les conducteurs de motos tricycles ont mis en place un syndicat, lequel leur a confectionné des cartes de membres. Le hic, c’est qu’à la présentation de ce document, les gendarmes soutirent aux conducteurs 700 francs CFA comme frais journalier contre un ticket de 200 francs CFA, selon un conducteur de tricycle.

Les 200 francs CFA, ajoute un conducteur ayant requis l’anonymat, sont pour la mairie et le reste pour les agents de la gendarmerie. Sur un des tickets de ce conducteur, j’ai pu lire : « Taxe de sortie sur des tricycles de transport public, de personnes et de marchandises ». Le montant mentionné sur le ticket est bien 200 francs CFA.

Un ticket sur lequel on peut bien voir le montant 200 FCFA
Un ticket sur lequel on peut bien voir le montant 200 FCFA

Nous n’avons pas réussi à confirmer ou infirmer cette version. Le jeudi 30 janvier 2020, nous avons voulu entrer en contact avec un agent de la mairie devant la gendarmerie de Kalabancoro afin d’avoir plus de précisions. Mais, l’agent en poste ce jour-là n’a pas voulu répondre à nos questions.

Zone d’ombre

Pour Kalilou Bagayoko, membre du Syndicat des conducteurs de tricycles de Kalabancoro, la cherté de la vignette serait sûrement la cause fondamentale de ce refus de vouloir se la procurer. Avant 2009, poursuit-il, les vignettes étaient vendues à 12 000 francs CFA. Leur cherté a commencé avec le passage de la gestion des taxis aux impôts en 2009. Une zone d’ombre règne autour de cette problématique de vignette des motos tricycles. Il s’agirait plus d’un problème lié notamment à un déficit de communication.

En effet, dans le Guide illustré de la fiscalité de la direction générale des impôts du Mali, on peut lire : « Si les tricycles sont utilisés pour faire le transport public, d’autres personnes à un coût, la vignette à payer s’appelle la Taxe sur le transport routier (TTR). Les tarifs varient entre 33 000 francs CFA et 63 000 francs CFA ». Cette variation de prix est fonction de la capacité du moteur de chaque engin. Mais cette explication ne serait pas comprise par les conducteurs de ces engins à trois roues.

Nous avons contacté la Direction générale des impôts afin d’avoir des chiffres sur le nombre de ventes de vignette au cours des deux dernières années (2018 et 2019) au niveau national. Mais nous n’avons pas eu de suite à notre requête.

A Kalabancoro, le syndicat des conducteurs de motos tricycles estime que « tout le problème dans cette affaire, c’est l’État et non les agents de police. » Tout le combat des syndicats de ces conducteurs de motos taxis tourne autour de la réduction du prix de la vignette. Car, c’est ce facteur qui serait la cause de toutes les tracasseries autour des tricycles.

« Nous n’avons pas tenu compte des tenants et des aboutissants de ce projet de tricycles », a reconnu Moussa Diourté, conseiller à la direction générale, chargé de la formation à l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi (ANPE).

Face à ces situations, indique le syndicat de l’Union nationale des travailleurs de l’économie informelle, les conducteurs de tricycles ont saisi les autorités maliennes afin d’obtenir une réduction du prix de la vignette. Mais jusqu’ici, aucune réaction.

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Les commentaires récents (1)

  1. C’est vrai que les agents de la CCR travaille beaucoup pour rendre la circulation fluide dans les grandes villes et diminue le banditisme sur la route. Mais le commandant Abdoulaye COULIBALY de la CCR doit être géné par rapport à ce qu’il a dit sur ses agents. C’est de notoriété publique que certains agents d’ailleurs ils sont nombreux prennent de l’argent avec les usagers de la route tous ceux qui font le transport en commun (taxi, Sotrama, tricycles etc.) Même les chauffeurs de taxi de certaines villes refusent de prendre la vignette et d’autres pièces puisque tous les jours ils payent de l’argent aux agents en circulation. Au lieu de couvrir ses agents, il faut vérifier et arrêter avec cette pratique. En tout cas le Mali notre pays est dans le goufre à cause de ces mauvaisea pratiques.