Racket policier à Bamako : le tarif des contraventions augmente en fin d’année
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Racket policier à Bamako : le tarif des contraventions augmente en fin d’année

Après avoir lu un article sur Benbere, intitulé Les 10 commandements de la circulation routière à Bamako, le blogueur Tony Star sortait toujours avec au moins 1 000 francs CFA en dehors des frais de carburant. En effet, le commandement numéro 3 conseillait d’avoir cette somme en poche pour s’assurer d’être libéré par le policier en cas d’infraction. Mais, il s’est rendu compte, un vendredi soir, qu’en fin d’année le tarif des contraventions augmente.

Le troisième des dix commandements de la circulation Bamakoise a changé en cette fin d’année. Le tarif des pénalités a augmenté jusqu’à 5 000 francs FCFA pour les motocyclistes. Le rond-point du Palais de la culture, à Badalabougou (quartier populaire de Bamako), est l’endroit le plus craint des motocyclistes en raison de l’attitude des policiers qui y régulent la circulation. Celui du carrefour du lycée Kankou Moussa de Daoudabougou (quartier de Bamako) est devenu également un autre endroit où les policiers s’en mettent plein les poches.

A ces carrefours, la contravention est fixée, en cette fin d’année à 5 000 francs CFA pour les motocyclistes indisciplinés, alors que nos amis policiers acceptaient auparavant de prendre les billets de 500 francs. A croire qu’avec le réveillon qui se prépare, tous les moyens sont bons pour eux pour trouver le prix du poulet pour la famille ou d’autres petits cadeaux. J’en ai fait l’amère expérience, le vendredi 30 novembre 2018. En venant du centre-ville, j’ai involontairement traversé au feu orange. Je dis « involontairement », car j’ai été contraint par un taxi qui a failli me renverser. Je passe et je tombe alors nez à nez avec les policiers.

Contravention contre quittance

L’agent de la Compagnie de la circulation routière qui a enlevé la clé de contact de ma moto n’a pas daigné me donner le temps d’expliquer. Il m’a fixé droit dans les yeux en disant : « Dogo (petit frère), ne te fatigue même pas. Ici, on n’écoute pas les explications. Tu payes 5000 FCFA pour récupérer ta moto, quelle que soit l’infraction ».

Je devais payer cette somme ou voir ma moto mise en fourrière. J’ai décidé de me rendre à la fourrière pour m’acquitter de la contravention contre une quittance. Le policier m’a dit en ces termes : « Tu peux partir là-bas, si tu préfères. Mais, tu n’auras pas ta moto avant lundi. Mieux vaut payer ici les 5 000 francs CFA ».

Salaire infime des policiers

Souvent, il arrive juste que le policier vous arrête pour vous demander de lui montrer des documents dont lui-même n’a pas besoin, ou alors créer une infraction qu’il vous fait porter et alors. Je me suis rappelé les propos de ce sergent de la police qui déplorait les conditions de vie des policiers au Mali. D’après lui, le salaire est infime et d’ailleurs, les supérieurs y prennent leur part. J’en ai tout de même conclu que même cette situation ne justifie pas que des policiers s’enrichissent sur le dos des usagers, surtout que ces contraventions devraient aller dans les caisses du trésor public pour servir à faire des routes, des bâtiments publics, etc.

Plongé dans mes réflexions, je n’ai pu savoir la cause de la mauvaise conduite de nos agents de police.

A mon entendement, rien ne justifiait jusqu’alors ce comportement et je me retrouvais aussi à accuser ceux qui acceptent de leur donner gratuitement leur argent. Je me suis réveillé de mon rêve le jour où j’ai été moi-même obligé de passer par ce chemin. J’ai moi aussi basculé dans la corruption car, laisser ma moto jusqu’à la fin du week-end serait un handicap pour mes activités. A ce même endroit, j’avais pourtant déjà été arrêté plusieurs fois, mais on ne m’avait jusque là demandé de payer que 1000 francs FCFA, chose que j’avais toujours refusé.

La police n’est pas un service privé

Je suis entièrement d’accord qu’amender ceux qui ne respectent pas les règles de la circulation routière fait partie des devoirs du policier. La police, cependant, n’est pas un service privé. Il faut donc que les autorités prennent des mesures adéquates pour que toutes les contraventions soient versées au le trésor public.

Cela peut contribuer au développement de notre pays et faire en sorte que les citoyens que nous sommes respectent les règles. Les policiers ne peuvent pas passer toute leur vie à racketter alors qu’ils ont un salaire mensuel. C’est scandaleux de savoir que le racket à Bamako seulement représente plus de 6 millions de FCFA par jour. Si leur salaire ne leur suffit pas, essayez de l’augmenter. En tout cas, mettez-les dans de bonnes conditions pour qu’ils nous laissent en paix. Trop c’est trop !

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