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Éducation : la tricherie au DEF atteint son degré le plus haut!

Ce n’est pas la première fois que les examens pour le Diplôme d’études fondamentales (DEF) sont entachés de fraude. Mais cette année, la tricherie a atteint un niveau très élevé. Les sujets circulaient sur WhatsApp la veille de l’examen, écrit le blogueur Alhouss Alhadji.

« Cette fois-ci, celui qui ne passe pas au DEF est vraiment maudit. Nous allons faire 100% ». C’est par ces termes qu’une élève s’est réjouie en rentrant, toute rassurée, après avoir fini ses épreuves du diplôme. Cet aveu, presque sarcastique, est la preuve irréfutable que la fraude a atteint le plus haut degré.

La tricherie n’est pas nouvelle au Mali. « Chaque année, les sujets fuitent, circulent dans les salons, les rues, entre les quartiers, sont envoyés par SMS, sont polycopiés dans les cybercafés avant même la date des épreuves. Tout le monde le sait depuis bientôt une décennie », écrivait en 2014 Boubacar Sangaré, l’auteur du livre Être étudiant au Mali.

Cette année, les sujets circulaient sur WhatsApp et d’autres groupes créés sur les réseaux sociaux la veille même de l’examen. Il suffisait juste d’avoir un compte sur internet pour se le procurer.

Aucune réaction

Cette fraude se fait depuis plusieurs années, l’administration ne met en place aucune stratégie pour y mettre fin.

Le pire, c’est que ce sont souvent les enseignants qui aident leurs élèves dans cette mascarade. « Le premier jour de l’examen, j’ai donné un peu d’argent à un enseignant. Lors de l’épreuve de dictée et questions, il m’a invité chez lui pour que je puisse recopier les sujets traités », témoigne un candidat au DEF à Tombouctou.

Ces enseignants qui se permettent de faire des examens pour leurs élèves « sont les vrais assassins du Mali et de l’école malienne. Ils créent des handicapés intellectuels », se lamente Mahamane Baba, professeur de lettres à Tombouctou.

Parents complices

Ce n’est pas l’avis de certains parents d’élèves qui n’hésitent pas à courir ici et là pour chercher des sujets traités pour leurs enfants.  « Je maudis tout enseignant qui refuse d’aider nos enfants pendant les examens. Tout le monde a triché à l’école. Ça n’a pas commencé aujourd’hui et ça ne prendra pas fin aujourd’hui », confie ainsi l’un de ces parents

Avec un tel laisser-faire, le sauvetage de l’école malienne n’est pas pour demain.

Quelques Captures d’écran Whatsapp

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Les commentaires récents (4)

    1. On ne peut plus parler de niveau dans ce pays et la responsabilité est à situer à trois niveau: parents, enseignants et l’État. C’est honteux !

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