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Lettre au gouverneur de la région de Mopti : « Votre bilan sécuritaire est mitigé »

Dans le centre du Mali, le nom de la région de Mopti rime désormais avec conflits intercommunautaires, massacres par les milices, fuites de populations, dont certaines vont trouver refuge à Bamako, activisme djihadiste, etc. Jacob D., depuis Mopti, adresse au gouverneur, Sidi Alassane Touré, une lettre pour qu’il change son fusil d’épaule quant à sa gestion de la région.

Monsieur le Gouverneur,

C’est avec un cœur  plein d’amertume et de tristesse que je vous écris cette lettre pour vous interpeller sur la situation catastrophique que vit ma belle région, la cinquième région administrative du Mali, Mopti.

Depuis votre nomination, en 2017, comme gouverneur de la région de Mopti, je me demande si vous vous êtes interrogé ne serait-ce qu’une seule fois sur votre capacité à relever le défi sécuritaire pour laquelle, certainement, vous avez eu cette promotion. Si la réponse est non, sachez que, personnellement, chaque jour je me pose des questions sur l’efficacité de vos mesures prises.

Votre bilan sécuritaire est mitigé, pour ne pas dire catastrophique. C’est d’abord Mopti (ville) attaquée, le conflit intercommunautaire exacerbé entre d’une part les Bozos et les Peuls dans les zones inondées, et d’autres part entre les Peuls et les Dogons dans les zones dites « exondées ». C’est la fermeture des écoles partout dans la région, c’est l’arrêt du transport en commun sur l’axe Tenenkou-Mopti, ce sont des villages assiégés. Mais ce sont aussi et surtout les déplacements massifs de population de la région. Et la liste n’est pas exhaustive.

Monsieur le Gouverneur,

Nous vivons l’un des pires moments de l’histoire de Mopti. En plus des difficultés sécuritaires, ce sont aussi des mesures prises sans concertation et aux résultats inefficaces, comme l’interdiction de circuler des engins à deux roues et des pickup, et l’arrêt des véhicules à partir de 18 heures dans les différents postes de contrôle et de sécurité de la région.

Le secteur économique souffre énormément, car essentiellement basé sur l’agriculture, l’élevage et la pêche, et dans une moindre mesure le tourisme. Depuis le début de la crise, le secteur du tourisme est totalement à l’arrêt avec la suppression des milliers d’emplois. Le conflit intercommunautaire a fortement déstructuré les systèmes de production que sont l’agriculture, la pêche et l’élevage. Ne parlons même pas des commerçants, qui n’arrivent plus à écouler les marchandises faute de preneurs ou à cause de l’insécurité.

Monsieur le Gouverneur,

Vous êtes à la tête d’une région sous perfusion et à force de la bousculer, vous risqueriez  de « l’euthanasier ». Pour éviter d’en arriver à une telle extrémité, je ne peux que vous conseiller de prendre des mesures d’apaisement. D’abord, il faut libérer les jeunes injustement arrêtés, écouter les enseignants pour résoudre le problème de l’école, ou encore assouplir la mesure d’interdiction de circulation des véhicules à partir de 18 heures (Djenné carrefour). Il faut également faire remonter la demande d’assouplissement de la mesure d’interdiction de circuler des engins à deux roues et des pickup et autoriser les marches pacifiques dans la région, mais aussi associer les organisations de la société civile de la région à la prise des décisions en faveur de la paix. Enfin, il vous faudra revoir le Plan de sécurisation intégré des régions du centre en associant plus la population civile, car sur les quatre niveaux, seule la sécurité est visible et le tout sécuritaire ne marchera pas.

Je suis sûr, Monsieur le gouverneur, qu’en mettant en œuvre ces gestes d’apaisement, vous pouvez sortir par le haut et donner une nouvelle dynamique au processus de sécurisation et du retour de la paix et de la cohésion sociale.

Sincèrement, votre humble administré.

 

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Les commentaires récents (2)

  1. Monsieur vous faites un quiproquo bête. Le gouverneur Sidi Alassane Toure n’a rien n’y avoir dans cette désastreuse. Votre missive à rater sa cible.

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