A Bamako, des déplacés du Centre plongés dans l’eau
Camp de Réfugiés -Crise du Centre (Mopti) Faladie Bamako - Mali
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A Bamako, des déplacés du Centre plongés dans l’eau

Il y a quelques mois de cela, le blogueur Aliou Diallokei décrivait les conditions de vie difficiles des déplacés de Faladié. Il est retourné sur les lieux en ce début d’hivernage. Les déplacés du centre font face aux conséquences des pluies abondantes.

Dans ce camp installé aux alentours d’un marché au bétail, l’odeur est toujours insupportable. Les quelques pluies qui sont tombées ont mélangé tout ce qu’il y a comme carcasses d’animaux et ordures ménagères. Au contact de l’eau, l’odeur âcre vous accueille. Le camp est toujours installé sur un gros dépotoir.

Dans les ruelles, entre les cases en plastique et les vieux habits, l’eau stagne et forme des flaques. Il faut sauter ou marcher sur le côté pour les arpenter. Des bambins ignorant le danger qu’ils courent jouent malheureusement dans ces mares souillées sous l’œil indifférent de leurs parents.

Hivernage

Ce dimanche matin, le soleil n’est pas encore haut dans le ciel. Des adultes s’affairent à reconstruire une case. « Le vent de la pluie d’hier soir a emporté certains toits », explique l’un d’entre eux.

Le mois de juin est arrivé avec l’hivernage, et très souvent, la pluie est accompagnée d’un vent fort et violent. Les taudis qui leur servent d’abri ne sont pas assez résistants. « Quand la pluie commence, on reste debout jusqu’à ce qu’elle s’arrête, et l’eau entre dans nos taudis », témoigne Timore, un sexagénaire vivant dans le camp avec sa famille.

Amélioration à Sénou

Avec la vague de solidarité qu’a suscité l’arrivée de ces familles, et cela surtout grâce aux réseaux sociaux, le Général Ila Cissé leur avait offert, à Sénou, 5 hectares pour leur permettre de quitter cet endroit insalubre qu’ils occupent à Faladié. Pour une raison ou une autre, tous les déplacés n’ont pas voulu aller s’installer là-bas. Mais, une bonne partie s’y trouve aujourd’hui : « Ici, le terrain est plat, juste après la pluie on peut sortir avec sa natte et prendre du thé », confie Oumou,  que j’ai trouvée en train de faire la lessive.

Au milieu des cases faites en plastique, mais mieux bâties que celles de Faladié, se tient un grand hangar sous lequel sont assis autour d’une théière un groupe d’hommes et des enfants. « Le souci avec l’hivernage, c’est le vent. A chaque instant, tu te dis que la case va s’envoler », affirme l’un d’entre eux.

Après la visite du ministre de la Santé, Michel Sidibé, au camp de Faladié, juste après sa prise de fonction, il avait relogé certaines familles dans le centre Mabilé, une grande cour où sont installées des tentes, à l’entrée. Hélas, tous n’en ont pas bénéficié.

Jusque-là, on peut dire que la situation ne s’est véritablement pas amélioré. Les mêmes difficultés persistent, malgré les soutiens qui n’ont quand même pas manqué

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