Médias : Célia D’Almeida, journaliste dans l’âme et battante
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Médias : Célia D’Almeida, journaliste dans l’âme et battante

La journaliste Célia D’Almeida est une icône dans le secteur des médias au Mali. Cette battante, arrivée par passion dans ce métier largement dominé par les hommes, elle compte bien y rester encore au grand bénéfice de la jeune génération.

Les inconditionnels de l’émission Mali Talk-Show, diffusée par la chaine de télévision TM1, la connaissent très bien. Depuis quelques mois, Célia D’Almeida et son équipe reçoivent des invités qui font l’actualité. Elle y déploie tout son talent de journaliste aguerrie pour assurer la police des discussions, avec de la bonne humeur, de l’humour aussi, de l’optimisme et parfois un regard critique.

Ceux qui savouraient, dans les colonnes de Journal du Mali L’hebdo, ses éditoriaux et ses articles sur des sujets aussi variés qu’importants la retrouvent avec bonheur. « S’exprimer, partager les opinions, mettre en avant les autres m’a toujours intéressée », dit-elle. Célia D’Almeida est une icône dans le paysage médiatique malien, où elle évolue depuis une vingtaine d’années.

« J’ai vraiment appris sur le tas »

Le chemin vers ce métier semblait tout tracé pour « Dédé », comme aime à l’appeler ses proches. Elle doit sa passion pour le journalisme à un père journaliste, doublé d’une casquette de réalisateur de cinéma. Dès l’âge de 15 ans, elle anime des émissions jeunes à la radio pendant les vacances.

Pourtant, à l’université, Célia se passionne pour le marketing et débute après sa carrière professionnelle au Togo, dont elle originaire, dans une boîte qui vendait des ordinateurs. Puis, elle s’essaie au théâtre pendant 3 ans, avant de virer dans son métier de prédilection : le journalisme. « Un monsieur m’a remarquée sur scène et m’a demandé si je voulais travailler à la télévision, se souvient-elle. J’ai tout de suite accepté, et j’ai vraiment appris sur le tas. Les compétences sont arrivées au fur et à mesure ».

Terre d’accueil

Et l’« aventure » se poursuit. Elle atterrit au Mali, un pays qu’elle a découvert lors d’une de ses vacances. Elle a fini par s’y installer. Célia D’Almeida fait ses débuts à la radio Kledu en 2003. Elle y restera pendant 9 ans et occupera successivement le poste de secrétaire de rédaction, puis de rédactrice en chef adjointe. Parallèlement, elle travaille également pour l’ONG Mali-folkecenter en tant que consultante en communication, avant de rejoindre JournalduMali.com en 2011. « C’était censé durer deux mois, mais finalement nous sommes allés à sept ans dont quatre que j’ai passés en tant que rédactrice en chef », poursuit-elle avec sourire.

Depuis, celle qui a aujourd’hui franchi la quarantaine développe une histoire d’amour avec le Mali. « Le Mali m’a offert tellement d’opportunités que j’en ai fait ma terre d’accueil aujourd’hui », déclare Célia D’Almeida avec un air de reconnaissance.

« L’exception qui confirme la règle »

Pour réaliser ses projets personnels, Célia D’Almeida quitte, en août 2018, Journal du Mali pour l’ONG Search for Common Ground, où elle devient coordinatrice médias et communication. Un poste qu’elle quittera en janvier 2020. Cette fois-ci pour ouvrir son propre cabinet, qui forme dans le domaine des médias.

Lorsque qu’on lui pose la question de savoir si elle a été victime de harcèlement sexuel, comme c’est souvent le cas dans les métiers dominés par les hommes, la maman quarantenaire affirme : « Je suis peut-être l’exception qui vient confirmer la règle, mais je n’ai pas eu de difficultés majeures. J’ai toujours été dans un environnement très pro femme, où on m’a toujours vue en tant que personne compétente ayant les capacités requises pour ce que je fais ».

Elle continue en expliquant qu’elle a toujours su se protéger : « Juste une ou deux tentatives, car je ne laisse pas l’opportunité à quelqu’un de le faire. Mon attitude fait comprendre que je ne suis pas facile à intimider ».

Former des jeunes maliens

De nature stricte, avec un sens élevé du professionnalisme, Célia a su imposer une barrière assez claire pour dissuader ses potentiels prédateurs. Selon elle, cela pourrait s’expliquer par le fait qu’elle est étrangère et qu’ils ont du mal à avoir certaines attitudes envers elle. Cela lui a valu la réputation de personne « hautaine », « distante ». Contrairement à ce qui se dit de la société malienne, elle affirme qu’au Togo c’est encore moins évident qu’au Mali, car les promotions ne sont pas faciles pour la gente féminine. « J’ai eu de la chance, car que ce soit à la radio Kledu ou au Journal du Mali, très vite j’ai été responsabilisée ».

Aujourd’hui, Célia D’Almeida nourrit l’ambition de former des milliers de jeunes maliens afin d’enclencher le changement dans le domaine des médias. Cela, dit-elle, a un préalable : « Qu’ils sortent de leur zone de confort pour faire des propositions innovantes. Si j’ai pu réussir ici, à 2 000 km de chez moi, je ne vois pas pourquoi un Malien ne puisse pas  y arriver chez lui », conclut-elle.

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