Sikasso : 2e région productrice de denrées mais leader en malnutrition
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Sikasso : 2e région productrice de denrées mais leader en malnutrition

Favorisée par la nature, Sikasso occupe la deuxième place pour la productivité agricole, après Ségou. Pourtant, la région est  leader en malnutrition.

Ce phénomène est étonnant et difficile à comprendre, mais il reste une réalité depuis quelques années. De fait, la malnutrition n’est pas seulement liée à la sous-nutrition mais aussi à une alimentation mal équilibrée ou non adaptée à un individu. Un enfant malnutri a, en général, un retard de croissance par rapport à son âge ou des déformations corporelles.

Selon le rapport de l’enquête SMART 2018 (Enquête nationale nutritionnelle anthropométrique et de mortalité rétrospective), Sikasso enregistre les taux les plus élevés par rapport aux autres régions du Mali. Sur une population estimée à 3 434 000 habitants, environ 28,9 % de sikassois sont atteints par le retard de croissance dont 26% chez les enfants de moins de 2 ans, selon le rapport. Le même rapport indique que le taux de décès infantile de cette région est remarquable.

Impliquer les Sikassois

Depuis très longtemps, la tendance est à la hausse des chiffres évoqués plus haut. Cela malgré les efforts fournis par les organisations gouvernementales et non gouvernementales dans la lutte contre la malnutrition. D’ailleurs, selon Action contre la faim (ACF), le gouvernement n’alloue que 0,7% du Produit intérieur brut (PIB) à cette lutte au niveau national. Pourtant, le Mali s’est engagé à atteindre les ODD (Objectifs de développement durable) des Nations unies. Pour ce faire, je dirais qu’atteindre la « faim zéro » doit être prioritaire, notamment en cherchant des solutions pertinentes et adéquates pour bannir la malnutrition.

L’implication des populations concernées serait une meilleure approche. Etant donné que la région de Sikasso a déjà tout ce qu’il faut pour assurer une bonne nutrition, alors l’État et ses partenaires doivent mener des campagnes de sensibilisation et d’information, de renforcement des capacités afin que les populations s’impliquent dans cette lutte dans leur localité.

Quelques initiatives en marche

Quelques organisations ont déjà entrepris d’impliquer les jeunes de Sikasso. L’Organisation internationale du cacao (ICCO cooperation) et la RNW Média, à travers le programme AEC (Alliance pour un engagement citoyen) ont regroupé, le 5 décembre dernier, une vingtaine de jeunes de la région de Sikasso pour une première consultation avant la mise en œuvre du programme. Il consistera à former et accompagner ces jeunes pour plaider auprès des décideurs afin d’atteindre « zéro malnutrition » dans la région. L’organisation humanitaire Action contre la faim (ACF) a aussi constitué un réseau de parlementaires et une alliance des journalistes pour la même cause, mais au niveau national

En somme, mon avis est qu’un pays ne peut atteindre un développement durable sans bien nourrir ses populations, pour qu’elles soient capables d’apprendre de nouvelles compétences et contribuer au développement de leur communauté.

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