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Sur le tronçon Bamako-Abidjan : payer à tous prix (4e partie)

Dans la première, la deuxième et la troisième parties de cette série, le blogueur Mussa nous a raconté comment les agents de police et de douane soutirent l’argent aux commerçantes et aux passagers sur le territoire malien. Dans cette dernière partie, il nous fait découvrir ce qu’ils traversent sur le territoire ivoirien.

Avant le poste de contrôle de Zegoua, dans la grande cour de la douane à Sikasso, plusieurs bus attendent. Les chauffeurs prenant très au sérieux le rôle de négociateur, discutent avec les agents de la douane qui, à première vue, semblent intraitables.

Après avoir intimé à l’apprenti du bus dans lequel se trouve Alima d’ouvrir les coffres et de descendre tout le contenu, l’agent se rend à son bureau accompagné du chauffeur. Quelques minutes plus tard, le chauffeur sort seul du bureau et rejoint son apprenti. Vingt minutes après, le bus ressort par le grand portail de la cour, direction le poste de contrôle de Zegoua.

Contrairement à son habitude, l’apprenti passe dans le couloir et s’arrête au siège des commerçantes de pagnes et de bazin. Une fois au côté d’Alima, il lui passe un message du chauffeur : « L’argent n’a pas suffi. L’agent a demandé plus que ce que tu as donné. Le chauffeur dit de donner 40 000 FCFA sinon il ne pourra pas t’aider devant. »

Prétextant qu’elle n’a pas assez d’argent, Alima remet pourtant 25 000 FCFA à l’apprenti. Après son compte rendu, l’apprenti se tourne vers Alima et lui fait un signe de la main pour lui signifier que le chauffeur est d’accord. Et pour la première fois depuis le départ de Bamako, Alima peut respirer.

Sur le territoire ivoirien, il faut aussi payer, payer, et payer

À environ 300 mètres du poste de Zegoua se trouve le poste de contrôle frontalier ivoirien appelé « poste de Pogo ». Ici seuls les Ivoiriens ne paient pas sinon chaque étranger débourse la somme de 1000 FCFA avant de retirer sa pièce d’identité. La pièce du voyageur passe alors dans la main d’un autre agent chargé de contrôler la carte de vaccination. Ceux qui n’ont pas de carte de vaccination paient 8000 FCFA et se font vacciner ensuite. Si cela ne convient pas au passager, il peut toujours négocier sa liberté avec l’agent contre un billet de 1000 FCFA. Généralement, le choix est très vite fait.

Pour que les commerçantes et leurs marchandises ne soient pas dérangées, de Pogo à Yamoussoukro en passant par Bouaké et Korhogo, le chauffeur du bus donne à chaque poste de contrôle une somme forfaitaire. Jusqu’à Abidjan, une grande part de l’argent difficilement gagné par ces pauvres femmes sert à remplir les poches d’agents véreux investis du pouvoir public.

(Lire les parties précédentes de cette série ici, ici et ici.)

 

FIN

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