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Brisons le tabou sur les problèmes sexuels

Au Mali, beaucoup de personnes qui souffrent de maladies sexuellement transmissibles ou de problèmes sexuels gardent un silence de mort sur ce qu’ils subissent par peur d’être stigmatisés. Mais ils devraient se souvenir de l’adage songhoy qui dit que « lorsque vous amenez votre mal au marché, vous avez de fortes chances de trouver un remède », écrit le blogueur Youssouf Clissé.

Salika est la nouvelle épouse d’un Monsieur, déjà marié à deux autres femmes. Elle accepta ce mariage après avoir contracté une grossesse de celui qui est devenu désormais son mari.

Un soir, pendant sa toilette, Salika se découvre une anomalie dans l’entre-jambes. Ça lui fait mal et elle décide d’aller voir le médecin gynécologue de la place. Le médecin lui apprend qu’elle est atteinte d’une maladie sexuellement transmissible et qu’il faut faire venir son mari et ses co-épouses, qui pourraient être contaminés également.

Une fois à la maison, elle apprit la nouvelle à son mari avec tous les détails. Le mari, ne se souciant de rien, jugea qu’il n’était point nécessaire de faire le déplacement, car lui et ses autres femmes étaient en bonne santé. C’était à Salika seule de se faire soigner, puisque c’est elle qui était malade, disait-il.

Quand la femme décida d’insister, le mari s’énerva. Il alla jusqu’à lui faire entendre qu’une femme n’avait point le droit de douter de la santé de son mari et lui parler de maladie sexuelle de façon si dévergondée. C’était un manque de respect à la tradition, disait-il

La femme a donc décidé de ne pas baisser les bras et d’expliquer la situation à ses coépouses. Malgré le fait qu’elles ne s’entendaient pas d’habitude, comme c’est souvent le cas chez les co-épouses, les trois femmes, ayant compris l’ampleur des enjeux, ont décidé de s’unir pour convaincre leur mari d’aller voir le médecin. Le monsieur finit par céder.

Les problèmes sexuels restent tabous

Grâce au courage de Salika, toute la famille a été soignée. Mais ça aurait pu être pire. De tels cas ne sont pas rares au Mali, surtout dans les zones rurales.  L’homme est supposé être au-dessus de certaines maladies, surtout si elles concernent le sexe, le témoin suprême de sa virilité. Quand il est atteint, il fait tout pour que personne ne le sache. Et même quand il décide de se faire soigner, il préfère consulter les marabouts, alors que c’est plutôt la médecine moderne qui devrait intervenir.

Il est temps de briser les tabous sur les problèmes sexuels et les maladies sexuellement transmissibles. Le sexe est une partie du corps comme une autre, et on devrait être capables de parler de problèmes sexuels de la même façon qu’on aborde les problèmes des yeux ou des bras. Plus tôt on brisera ce tabou, mieux sera notre santé.

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