Digital News Report 2026 : la crise de confiance s’aggrave dans l’univers de l’information
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Digital News Report 2026 : la crise de confiance s’aggrave dans l’univers de l’information

Selon le dernier Digital News Report 2026, publié par le Reuters Institute for the Study of Journalism, les habitudes d’information connaissent une transformation profonde sous l’effet des réseaux sociaux, des plateformes vidéo et de l’intelligence artificielle.

Dans un contexte marqué par les crises géopolitiques, les bouleversements économiques et la montée en puissance de l’intelligence artificielle, les citoyens du monde modifient leur manière de s’informer. Le rapport annuel du Reuters Institute met en lumière un paradoxe grandissant. Alors que les possibilités d’accès à l’information n’ont jamais été aussi nombreuses, la confiance du public envers l’information atteint son plus faible niveau depuis que cet indicateur est mesuré en 2015.

Les réseaux sociaux, les plateformes vidéo et les outils d’intelligence artificielle occupent désormais une place centrale dans la consommation de l’actualité, au détriment des médias traditionnels. Cette mutation s’accompagne toutefois d’une montée des inquiétudes liées à la désinformation et à la crédibilité des contenus diffusés.

Pour autant, les réseaux sociaux ne sont pas les seuls vecteurs de désinformation. Dans une tribune publiée par Le Monde, les chercheurs Sabina Mihelj et Vaclav Stetka soulignent que, dans certains pays d’Europe de l’Est, comme la Serbie ou la Hongrie, ce sont aussi des médias traditionnels qui diffusent de fausses informations ou promeuvent des idées illibérales.

L’intérêt pour l’actualité diminue

Depuis 2021, la proportion de personnes se déclarant « très » ou « extrêmement » intéressées par l’actualité a diminué de 13 points de pourcentage en moyenne dans les 48 pays étudiés (25 en Europe, 11 en Asie-Pacifique, 8 dans les Amériques et 4 en Afrique). Désormais, un quart des répondants sont des consommateurs occasionnels ou passifs de l’information, contre seulement 16 % il y a cinq ans.

Cette évolution traduit une forme de fatigue informationnelle. Face à l’abondance de contenus et à la succession de crises internationales, une partie du public choisit de limiter son exposition à l’actualité. Les auteurs du rapport observent ainsi des comportements marqués par l’anxiété, le désengagement et parfois le cynisme.

Une baisse de confiance dans l’information

La confiance dans l’information continue de se détériorer. En 2026, seuls 37 % des répondants déclarent faire confiance aux informations qu’ils consultent la plupart du temps. Il s’agit de la moyenne observée dans les 48 pays étudiés et du niveau le plus faible enregistré depuis 2015.

Cette baisse s’explique notamment par le recul de la confiance envers les institutions en général, mais également par le déplacement des audiences vers les réseaux sociaux et les plateformes vidéo, traditionnellement considérés comme moins fiables que les médias d’information établis.

Parallèlement, les préoccupations liées aux fausses informations progressent. En moyenne, 62 % des personnes interrogées se disent inquiètes face à la désinformation, un chiffre en hausse de 4 points par rapport à l’année précédente.

Si le public reste majoritairement attaché aux principes d’impartialité et d’objectivité, il exprime des réserves croissantes quant à la manière dont certains sujets sont traités par les médias. Le rapport souligne notamment que de nombreux répondants estiment que la couverture médiatique de questions sensibles, comme l’immigration, ne reflète pas fidèlement la réalité. Cette perception nourrit la méfiance envers les médias et renforce les fractures idéologiques observées dans plusieurs pays.

L’étude met en lumière, au-delà des chiffres, une fracture grandissante entre les attentes du public et son expérience de l’information. Si les valeurs du journalisme continuent d’être largement plébiscitées, la confiance dans les médias s’effrite sous l’effet de la désinformation, de la polarisation et de l’évolution des usages numériques.

Un défi de taille pour les médias à l’heure où les réseaux sociaux, les plateformes vidéo et l’intelligence artificielle redessinent l’accès à l’actualité.

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