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Femmes journalistes : encore des défis à relever !

La femme malienne est considérée comme étant une personne à part entière, devant se préserver et rester toujours à l’abri du regard. Cette conception va à l’encontre de l’image même du métier de femme journaliste. Le métier de journaliste peut s’avérer être pour la femme une forme de révélation, d’affirmation et même d’exposition sous le feu des projecteurs et du public. Ceci reste le premier souci des femmes maliennes dans les médias dans un contexte socio-culturel et religieux exigeant.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous faites face en tant que femmes journalistes depuis le début de votre carrière ? A cette question, deux femmes journalistes ont répondu. « Elles sont surtout sur l’équilibre entre vie familiale et vie professionnelle. En tant que journaliste, on doit faire des sacrifices, travailler tard, voyager… Et cela peut avoir une incidence sur la vie de famille. Il est impératif de réussir à trouver un équilibre pour passer du temps à la maison, s’occuper des enfants et aussi prendre soin de soi, en tant que femme », raconte Celia D’Almeida, ex-rédactrice en chef du JournalduMali.com.

« A mes débuts, mon apparence physique était le cadet de mes soucis, rigole-t-elle. Aujourd’hui, j’ai compris que ce n’est pas en ressemblant à rien que je prouve ma compétence. Je prends plus soin de moi, des miens et j’évolue. Quant aux interactions avec la gent masculine que je dois côtoyer, je pense que j’ai réussi à poser les cadres qui font que je n’ai pas de difficultés particulières. »

De nombreux obstacles au quotidien

Si pour Celia D’Almeida les difficultés restent d’ordres sociales pour Mame Diarra Diop Coordinatrice Production Radio Des Nations Unies (Mikado FM) le challenge porte plutôt sur le terrain. « En tant que femme, vous aurez toujours quelqu’un qui vous ramènera à votre statut de femme avant de sonder votre cerveau. (Elle sourit) Pour moi, ce n’est pas un problème. Je suis une femme : oui, mais je suis journaliste. Face aux remarques, discriminations, j’avance et je prouve que cela ne m’empêche pas d’évoluer. Être femme, c’est aussi un art, savoir montrer aux autres que cela n’est pas un obstacle, mais plutôt un atout. Après, il faut savoir s’imposer dans les discussions, défendre son point de vue avec courage et s’inviter à la table des négociations ! »

Etre une femme et porter le chapeau de journaliste ne fait pas toujours bon ménage, il faut avoir le cran. Malgré cela, beaucoup de femmes sont dans les différents organes de presse et arrivent à s’affirmer au quotidien. Les défis il y’en a dans tout travail et chaque femme les relève à travers différentes sources de motivation qu’elle a, en fonction de sa personnalité…

Pour Mame, ses sources de motivation sont innées : « La curiosité sans doute. Apprendre encore et toujours. On me dit aimable, ouverte aux autres et inspirante. Cela me fait rire… Non sérieusement, je suis une grande curieuse qui a toujours soif de découvertes. J’aime voyager, ce qui est une caractéristique des journalistes. Jaime me fondre dans les autres cultures, les autres univers. Parler d’autres langues. Faire face à de nouveaux challenges et écrire. » Et de rajouter : « L’écriture est une de mes passions. Jaime beaucoup le documentaire, vers lequel je pense me tourner un jour… Inch’Allah… »

Lever les barrières

La passion et l’amour du travail pour arriver à bout de n’importe quel défi sont aussi les moteurs de Celia. Elle détaille ses motivations : « Mon amour de ce métier qui m’est tombé dessus dès l’adolescence et que j’ai embrassé car pour moi, le journaliste est quelqu’un qui peut changer le monde avec son style ou son micro. Je lis aussi beaucoup, ce qui me donne une certaine ouverture sur le monde et aussi l’envie de toujours faire mieux que la veille. Enfin, ma famille, que je veux rendre fière. »

Etre une femme et travailler dans les médias, impose de relever de nombreux défis, mais il s’agit surtout d’avoir la persévérance, le don de soi et le sacrifice au quotidien. « A la veille du 8 mars, j’ai envie de dire à mes sœurs, de croire en elles. Elles sont fortes, et doivent être conscientes de leurs potentiels. Lever les barrières, dans le respect, mais avancer encore et toujours. En s’inspirant de la sagesse de nos mères… », confie Mame.

Courage à toutes ses braves dames qui défient la société au quotidien pour vivre de leurs passions.

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