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Folie d’une nuit, regret à vie (troisième partie)

La deuxième partie de l’histoire de N’na se termine alors qu’elle apprend qu’elle est enceinte. Dans cette troisième partie, elle nous raconte l’enfer qu’elle a vécu après avoir décidé d’avorter avec regret.

Une semaine plus tard, il m’a appelé pour me dire qu’il était certain de ne pas être l’auteur de ma grossesse parce qu’il aurait appris qu’en dehors de lui, j’avais un autre copain. C’est à partir de cet instant que j’ai commencé à prendre au sérieux cette phrase qui dit que tous les hommes sont malhonnêtes. J’ai vraiment été naïve en croyant à ses « bébé, tu es ma boussole, mon centre de gravité… »

Cette nuit-là, je n’ai pas fermé l’œil de toute la nuit. Les petits mots qu’il me disait ne cessaient de résonner dans mes oreilles et mes larmes ne cessaient de couler. Le matin, j’avais les yeux enflés comme si j’avais passé toute la nuit sur un ring de boxe. Et, depuis ce jour, il ne m’a plus appelé en plus d’être injoignable. Comment le dire à ma maman qui, depuis le décès de mon père, fait tout pour que je ne manque de rien ? Et surtout que le père de l’enfant refuse de reconnaître la grossesse. C’est là qu’il m’est venu l’idée d’avorter.

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Quand l’avortement tourne mal

Ce jour-là, avant de passer à l’acte, j’ai essayé de joindre le gars pour l’informer de la décision que j’avais prise, vu qu’il niait être l’auteur de la grossesse. Mais, il était toujours injoignable. Ce fut la dernière fois que j’ai composé son numéro. C’est alors qu’avec des produits dont je ne citerai pas ici les noms, j’ai tué le petit être qui vivait en moi. Et quelques jours plus tard, j’ai commencé à avoir des maux de ventre très accentués. Le sang ne cessait de couler. Si ma mère le savait, j’étais foutue. Elle aurait pu me bannir à jamais de la maison car je connais son tempérament.

Les maux de ventre étaient tellement forts que je n’ai pu aller à l’école. Inquiète, ma mère décida de m’emmener dans une clinique du quartier. Assise sur la terrasse pendant qu’elle se préparait, j’ai eu un malaise et j’ai perdu conscience. À mon réveil, j’étais dans un lit d’hôpital. Peu de temps après, elle est venu me voir et elle était en larmes. Moi qui essayais de tout cacher depuis, j’ai directement su qu’elle était au courant de ma bêtise. Elle m’a fixé pendant un moment et m’a demandé l’auteur de ma grossesse. Je ne savais quoi répondre et j’ai commencé à pleurer.

Au moment où j’allais répondre, le docteur entra dans la chambre. Il annonça à ma mère et moi que je devais être opérée d’urgence afin de retirer les restes. Quels restes ? demanda ma mère. Au fait, j’avais tué des jumeaux.

Un moment de silence s’installa dans la salle jusqu’à ce que ma mère me fixe encore dans les yeux en criant : « Hé N’na, qu’est ce qui t’a prise ? Qu’allons-nous dire au bon Dieu le jour du dernier jugement ? Qu’ai-je fait pour mériter une telle chose ? »

Pendant que ces questions tombaient, mes larmes ne cessaient de couler. Le docteur a rejoint ma mère pour me réprimander en disant que ma situation est le résultat d’une génération pourrie qui n’a même pas le temps de se protéger avec des préservatifs mais sait comment faire un effort pour avoir un iPhone de dernière génération. Les quelques mots du docteur perçaient ma chair comme le couteau de l’excision mais, en réalité, tout ce qu’il venait de dire était vrai.

Je suis devenue un zombie

Quelques instants après, j’ai été admise au bloc opératoire. J’ignore tout ce qui s’est passé durant l’opération, mais je sais que je me suis réveillée avec un bandage aux bas ventres. Après avoir récupéré quelques jours sur le lit de l’hôpital, ma mère m’a ramenée à la maison et c’est là que je fus horrifiée de ce que je suis devenue après l’opération. Devant le miroir de ma chambre, je me suis posé cette question : est-ce moi-même ? J’étais devenue vraiment squelettique et méconnaissable, moi qui étais si belle avec des formes que m’enviaient presque toutes mes copines de classe.

Aujourd’hui, je suis devenue comme un zombie. J’ai demandé à ma mère si elle avait vu ce que les docteurs ont extrait de mon ventre. Elle m’a dit de remercier le seigneur car je suis toujours en vie. Ce que je ne savais pas, c’est qu’après l’opération, je suis tombé dans le coma pendant des jours.

Lire aussi : Folie d’une nuit à vie (deuxième partie)

Plus jamais ça

Mais, je n’étais pas encore tirée d’affaire car, quelques jours après, mon ventre s’est mis à s’enfler et je suis devenue comme un calao sculpté par les artisans de Waraniéné. Me voici une nouvelle fois au bloc opératoire pour une seconde intervention.

Je ne croyais pas pouvoir survivre, et ce fut le pire moment de ma vie. Je suis finalement sortie du bloc opératoire, mais mon utérus y est resté.

Je me demande maintenant à quoi servira ma beauté si je ne peux plus devenir mère. Je suis aujourd’hui une coquille vide que personne ne voudra comme épouse dans son foyer.

À mes petites sœurs, que mon histoire vous serve de leçon afin de ne plus recourir à des produits inconnus qui peuvent nuire sérieusement à votre santé.

 

Fin.

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