Éducation : Les enfants à l’école, la voie pour construire l’avenir d’un pays
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Éducation : les enfants à l’école, la voie pour construire l’avenir d’un pays

Ce billet de Mahamadou Mahamoudou est classé 1er de la deuxième édition du Prix Boukary Konaté(). Le blogueur rappelle que l’éducation est un droit fondamental pour tous les enfants du pays en âge d’aller à l’école.

Ce n’est pas, en vérité, dans cette situation que le Mali pourra se hisser au rang des pays les plus avancés en matière d’atteinte des Objectifs de développement durable (ODD) dans le domaine de l’éducation. Cet objectif  prévoit, à l’horizon 2030, de « faire en sorte que toutes les filles et tous les garçons suivent sur un pied d’égalité un cycle d’enseignement primaire et secondaire gratuit et de qualité qui débouche sur un apprentissage véritablement utile et pertinent (ODD 4). » Le défi est réellement de taille.

Dans le contexte actuel du pays, la question qui taraude l’esprit est la suivante : quelle est cette politique de deux poids deux mesures que vivent depuis des années les enfants de notre pays, où certains sont à l’école, d’autres dans la rue ?

Prison de l’analphabétisme

Pour la non atteinte de l’objectif on argumentera, on justifiera toujours par l’insécurité ou l’insuffisance des moyens financiers. Les moyens financiers sont certes nécessaires pour assurer l’instruction de tous les enfants, mais la volonté politique est le plus importante : c’est le « déterminant » dans tout grand projet de société comme celui-ci.

Parlant de l’importance de l’éducation, Victor Hugo ne disait-il pas, déjà bien longtemps, que « celui qui ouvre une école ferme une porte de prison » ? Une des plus graves prisons pour les enfants, pour l’homme en général, c’est bien l’analphabétisme. Ainsi, mettre les enfants à l’école est la voie la plus sûre pour construire l’avenir d’un pays.

Là également, nous rapportons le contenu d’un édifiant slogan, écrit à la porte d’une université sud-africaine, qui dit en substance : « détruire un pays ne nécessite pas l’utilisation de bombes atomiques, ni de missiles à longue portée. Il suffit de détruire la qualité de l’éducation. L’effondrement de l’éducation est l’effondrement de la nation ». Et, quand il n’y a même pas d’école, qu’adviendra-t-il du pays ?

Périls 

En abandonnant les enfants dans les rues des villages ou dans les brousses, on les expose à toutes sortes de périls. Demain, on  les verra devenir des adolescents qui  grossiront les contingents des migrants allant vers le « mirage européen » – des migrants dont un nombre important disparaît tragiquement chaque jour dans le Sahara ou la mer Méditerranée à la recherche d’un bonheur dont on dira qu’il est illusoire.

Mais, la  voie la plus dangereuse serait celle que vont emprunter  les enfants non scolarisés, qui iront se fondre dans l’extrémisme violent et dans d’autres trafics malsains. Alors, que gagnerait le pays en perdant ses enfants, sa force vive ?


(✱) La deuxième édition du Prix Boukary Konaté, du nom du premier président de la Communauté des blogueurs du Mali (Doniblog), a livré le nom de ses trois lauréats, samedi 5 octobre 2019, parmi les douze participants figurant dans la « short list » dégagée par le jury. Nous publions l’article des trois lauréats.

 

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