Élections au Mali : la nécessité de faciliter le processus de retrait des cartes d’électeurs
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Élections au Mali : la nécessité de faciliter le processus de retrait des cartes d’électeurs

Les autorités maliennes de transition s’apprêtent à organiser des élections générales en 2022. S’il faut être détenteur d’une carte d’électeur pour voter, la question de la disponibilité de celle-ci pour les citoyens pose toujours problème.

La carte d’électeur est l’outil indispensable qui permet à tout Malien d’accomplir son devoir citoyen le jour du vote, tel qu’indiqué dans l’esprit de l’article 61 de la loi électorale en vigueur. Pour chaque opération de vote, les conditions de sa distribution et de son retrait sont déterminées par le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (MATD).

Dans la pratique, les cartes d’électeur, confectionnées sur la base des données recensées à travers le Ravec (Recensement administratif à vocation d’état civil), sont également distribuées aux électeurs dans la zone géographique où ils ont été recensés. C’est bien à ce niveau que se pose le problème.

Mécanismes incompris

De la période où de nombreux Maliens ont été recensés à celle de la distribution des cartes d’électeurs, le milieu de résidence, pour bon nombre d’entre eux, aura changé. Beaucoup d’entre eux, qui ont été recensés dans les régions, déménagent au fil des années dans le district de Bamako et en périphérie. Ainsi, il devient extrêmement difficile pour de nombreux maliens, au moment du vote, de se rendre dans les localités où les cartes d’électeur sont distribuées.

La situation sécuritaire, les contraintes financières ou sociales condamnent de nos jours de nombreux électeurs maliens à ne pas pouvoir récupérer leurs cartes et à manquer, par ricochet, de participer à de nombreuses opérations de vote si cruciales pour le devenir de notre pays.

Des mécanismes ont été mis en place pour pallier ces difficultés. Ils demeurent cependant soit incompris, soit mal appréhendés par les populations maliennes. Le vote par procuration ou la procédure administrative de changement de lieu de vote demeurent des moyens à la disposition des maliens pour pouvoir faciliter l’accomplissement de leur devoir civique.

Le vote par procuration permet de faire voter une personne de confiance en son nom. Ce moyen permet de faire exprimer son choix dans les urnes à travers une personne à laquelle on accorde une autorisation à le faire.

L’autre mécanisme, qui amène l’électeur à s’adresser à l’administration pour changer son lieu de vote, lui offre la possibilité de voter par lui-même.

Lors de la présidentielle de 2018, le gouvernement a du déclarer les journées du 20 et 23 juillet 2018 chômées pour permettre aux citoyens de retirer leurs cartes et mis en place des commissions mobiles de distribution. Car seulement 37% des cartes d’électeurs étaient retirées à une semaine du scrutin et avez des chiffres très faibles dans les régions du centre et du nord du pays.

Ces mécanismes et les procédures administratives inhérentes sont détaillés dans la loi électorale ou à travers des actes administratifs (décret, arrêté,…) d’autorités en charge de ces questions.

Parler et susciter la réflexion

Les informations relatives à ces procédures sont rédigées en français, dans notre langue de travail administratif, que la majorité de la population ne comprend pas. Il faut alors veiller à divulguer ces informations et à les rendre accessibles aux populations par d’autres moyens et dans d’autres langues sans oublier de susciter beaucoup plus d’intérêt pour le vote chez les citoyens maliens.

Aussi, l’idéal serait-il de créer d’autres mécanismes qui permettraient à tous ces citoyens désireux de voter– mais confrontés aux difficultés évoquées plus haut– de pouvoir accomplir leur devoir. Cela peut être possible en leur faisant parvenir leurs cartes d’électeur dans leur lieu de résidence au moment du vote. Ce n’est pas impossible. Il faut juste y , en tant qu’acteur du processus électoral, y penser et dégager des pistes de solutions les plus adaptées aux souhaits des citoyens-électeurs maliens.

Au lieu de produire à chaque élection de nombreuses cartes d’électeurs qui restent inutilisées et employées souvent dans des actes de magouille électorale, il faut réfléchir aux causes qui empêchent les Maliens de prendre part aux votes. Pouvoir en parler et susciter la réflexion autour est un pas important, rechercher des solutions et en trouver est un autre. Vivement alors les meilleures solutions !

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