A Gao, ces jeunes qui cherchent leur voie dans l'entrepreneuriat
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A Gao, ces jeunes qui cherchent leur voie dans l’entrepreneuriat

À un moment où certains ont choisi les armes, la facilité, la cupidité, la tricherie pour réussir, il y a des jeunes à Gao qui, par leur esprit d’initiative, ont choisi de réussir autrement.

Ils ont choisi d’entreprendre dans différents secteurs de l’économie pour s’en sortir, créer de la richesse et de l’emploi et, ainsi, contribuer au développement local dans un pays où il est difficile pour les jeunes d’investir. En plus d’être jeunes, ils ont aussi en commun l’entrepreneuriat, leur engagement auprès de leurs différentes communautés à travers des organisations de jeune. Abdoul Aziz Maïga, Rhissa Ag Mohamed et Mohamed Abdoul Wahidou Maïga sont aujourd’hui des modèles pour beaucoup de jeunes, perdus dans cette marée de quête d’emplois et de réussite.

Abdoul Aziz Maiga, le médecin-entrepreneur

Après avoir obtenu son diplôme en médecine générale en 2009, à l’Université de Bamako, Abdoul Aziz Maïga a décidé de rentrer définitivement à Gao, malgré les conseils de ses professeurs, qui lui ont demandé de rester pour se spécialiser. Il a préféré servir à l’hôpital régional de Gao en tant que médecin bénévole jusqu’en 2012 où, à la suite de l’occupation de la ville par des groupes djihadistes, Dr Aziz et certains de ses camarades ont dû assurer le fonctionnement de l’hôpital.

Après leur départ, et à l’issue d’un séjour en Bulgarie où il obtient un master en gestion des hôpitaux, il rentre à Gao pour ouvrir sa clinique privée Koïma, et une société de prestation de services, de livraison des consommables médicaux, de location d’ambulances et d’un commerce général. La clinique Koïma emploie aujourd’hui 11 médecins permanents et 10 autres non permanents. Elle est devenue incontournable pour les populations de Gao.

« En 2018, nous avons eu à faire 3000 consultations générales et spécialisées. Nous assurons aussi des accouchements, des analyses d’échographie et disposons d’une ambulance pour évacuer des patients vers le Niger particulièrement. », me confie-t-il. Dr Abdoul Aziz Maïga est aussi très engagé dans des actions de citoyenneté à travers la jeune chambre internationale de Gao dont il a été le président.

Rhissa Ag Mohamed, le « représentant »

Diplômé en ingénierie d’affaires internationales, Rhissa Ag Mohamed ne s’est pas non plus assis après ses études pour attendre d’intégrer la fonction publique, contrairement à beaucoup d’autres jeunes de sa génération. De retour à Gao après ses études en Algérie, il a monté son propre business: une boutique de vente d’articles électroniques de la marque chinoise Xiaomi.

Il est aujourd’hui l’un des trois représentants de la marque au Mali : « Grâce à cette initiative, j’emploie dans mon store deux agents commerciaux et une personne pour le nettoyage, qui assurent à leur tour plusieurs bouches à nourrir », confie-t-il, en souriant.

Mohamed Abdoul Wahidou Maïga, le « rêveur »

Le diplôme de l’École normale supérieure de Bamako en poche, Mohamed Abdoul Wahidou Maïga décide de rentrer dans son village, Bagoundjé, dans la commune rurale de Gouzourey, cercle de Gao pour aider aux travaux champêtres. Après deux ans, il ouvre en 2018 un magasin « Alimentation et Divers », « pour que les populations villageoises n’aient plus à se rendre jusque dans la commune urbaine de Gao pour s’approvisionner, ce qui était assez fatigant ».

Très engagé dans les actions citoyennes de la jeunesse de sa commune, Mohamed met à la disposition des organisateurs d’événements des chaises et autres matériels à louer également. Son plus grand rêve reste de trouver les moyens pour investir dans les terres familiales afin de développer la production locale.

A mon avis, ces jeunes sont des modèles à suivre, car ils prouvent à travers leur vision qu’on n’a pas besoin d’attendre l’État pour être utile à sa communauté. Tout le monde, à sa manière, à travers l’entrepreneuriat, peut apporter un plus non négligeable. Tâchons de suivre leur exemple.

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Les commentaires récents (1)

  1. L’entrepreneuriat demeure l’indépendance économique. La jeunesse du Nord et du Pays en général doit emprunté cette noble route et les autorités ont pour devoir d’accompagner les porteurs de tels projets. Merci Anassan pour le témoignage.