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Twittoscopie : en Côte d’Ivoire, la candidature d’Alassane Ouattara fait polémique

Le jeudi 6 août 2020, dans un discours à la nation, le président de la Côte d’Ivoire, Alassane Dramane Ouattara, dit « ADO », a annoncé sa candidature aux élections présidentielles du 31 octobre prochain, suscitant aussitôt un tollé sur le réseau social Twitter et au sein de la classe politique ivoirienne.

Le 5 mars dernier, le président Ouattara avait annoncé qu’il ne serait pas candidat à l’élection présidentielle ivoirienne de 2020 pour, disait-il, laisser la place à la nouvelle génération. Cinq mois plus tard, le président ivoirien fait machine arrière : il briguera un nouveau mandat. Alors que sa décision initiale avait été saluée aux quatre coins du monde.

L’ancien premier ministre, feu Amadou Gon Coulibaly, avait été désigné pour lui succéder à la tête du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Son décès brutal, survenu le 8 juillet a rebattu les cartes, obligeant le président sortant à revoir sa position.« Face à ce cas de force majeure et par devoir citoyen, j’ai décidé́ de répondre favorablement à l’appel de mes concitoyens me demandant d’être candidat à l’élection présidentielle du 31 octobre 2020 », avait déclaré le président ivoirien à la veille de la fête de l’indépendance sur la télévision publique.

Une candidature qui divise

Pour certains, c’est une décision « courageuse » et « salutaire ». D’autres, plus nombreux, crient à la « dictature » et expriment leur « déception ». Le président « ADO », disent-ils, a raté l’occasion de quitter l’arène politique par la grande porte. Cette candidature annoncée violerait la constitution révisée par lui-même en 2016.

L’artiste ivoirien de renommée internationale, Meiway, dans une vidéo devenue virale, demande au président de revoir sa copie. Un appel qui a fait un tabac en Côte d’Ivoire.

Réactions de politiques et personnalités étrangères

Les d’adversaires politiques d’Alassane Ouattara n’ont pas tardé à réagir. Charles Blé Goudé, le président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples ( COJEP), Pascal Affi N’Guessan du Front populaire ivoirien (FPI) de l’ancien président Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié du Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) ou encore Soro Guillaume, l’ancien président de l’Assemblée nationale, qui était très proche d’ « ADO », ont tous dénoncé cette candidature.

Des personnalités étrangères ont également haussé le ton, qualifiant l’acte d’ « irresponsable ». La réaction d’Emmanuel Macron est très attendue. Le président français était parmi ceux qui avaient félicité « ADO », quelques mois plutôt lorsqu’il avait annoncé vouloir passer le flambeau à la jeunesse.

L’obsession du troisième mandat en Afrique

La course au troisième mandat n’est pas nouvelle sur le continent. Beaucoup de présidents s’y sont lancés bien avant Alassane Dramane Ouattara. Pour des internautes de la twittosphère, le troisième mandat est une obsession pour les dirigeants du continent, qui décident de s’accrocher au pouvoir malgré leur âge. Même si pour le camp du président ivoirien, en cas de victoire, ce sera son premier mandat sous la IIIe République.

Certains ont comparé Alassane Dramane Ouattara à son homologue Paul Biya, à la tête du Cameroun depuis 1982. Aussi, le lien avec Alpha Condé de la Guinée Conakry, en voie de briguer un troisième mandat, est vite fait. En se référant à des propos passés du président guinéen, d’autres ironisent : « Il ne faut jamais dire jamais ! ».


  • RHDP: Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix
  • COJEP: Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples
  • FPI: Front populaire ivoirien
  • PDCI-RDA: Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain

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