Benbere Benkan : investir dans la jeunesse pour la paix et la cohésion sociale
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A Ségou, l’importance d’investir dans la jeunesse pour la paix et la cohésion sociale était au cœur d’une rencontre d’échanges organisés par Benbere, dans le cadre d’une campagne avec l’appui du Programme jeunesse et stabilisation (Projes).

Le samedi 5 mars 2022, à l’Association malienne pour la protection et la promotion de la famille (AMPPF) s’est tenu le Benbere Benkan sur le thème « Jeunesse et promotion de la cohésion sociale dans les régions du centre du Mali ».

Dans la salle de conférence de l’AMPPF de Ségou, étaient présents les panelistes Sory Ibrahim Bah et Amadou Koné, le représentant du maire de la commune urbaine de Ségou, des étudiants de l’université de Ségou ainsi que quelques jeunes leaders. Modéré par Abdoulaye Guindo, coordinateur de la plateforme Benbere, le débat a porté sur le rôle de la jeunesse dans la promotion de la paix et de la cohésion sociale.

Fonds détournés

Pour Sory Ibrahim Bah, il est difficile de parler de la promotion de la cohésion sociale dans le centre du Mali sans les jeunes, exposés à des défis liés à la formation, au manque d’emploi dans un contexte d’instabilité sécuritaire. « L’inadéquation entre la formation et l’offre d’emploi est un sérieux problème. Il y a par exemple des enseignants qui continuent de dispenser dans les écoles primaires, secondaires et même supérieures les programmes qui datent des années 90, alors que les réalités changent », déplore-t-il.

Abondant dans le même sens, Amadou Koné, géographe, explique que les jeunes allant de 18 à 45 ans constituent les principaux acteurs du conflit dans le centre du pays et n’a pas manqué de pointer la mauvaise gouvernance. « Après l’hivernage, nous constatons l’existence en grand nombre de bras valides dans les milieux ruraux. Les fonds destinés à contribuer au développement des zones rurales sont détournés au vu et au su de tout le monde. La mauvaise gouvernance est l’une des causes du confit auquel nous faisons face depuis plus d’une décennie », insiste-t-il.

Dans son intervention, Kali Diakité, membre du Conseil communal de la jeunesse de Niono, a dénoncé « la mauvaise formation des élèves et étudiants par des enseignants embauchés par népotisme pour dispenser des cours alors qu’ils n’ont pas le niveau requis ». « Diplôme en main sans compétences. Après des années sans emploi fixe, poursuit-il, pour avoir de quoi subvenir à leurs besoins, ces jeunes se verront obligés d’accepter l’offre que leur font les forces du mal ».

Former et impliquer les jeunes

Les panélistes proposent de bien former et d’impliquer la jeunesse au niveau des collectivités, d’amoindrir la corruption, d’aider les jeunes à s’autonomiser et de réadapter le système éducatif à nos réalités. Et de mettre en place des activités génératrices de revenus, surtout au niveau local.

Pour Ibrahim Monzon Diarra, président du Conseil régional de la jeunesse de Ségou, au-delà des solutions proposées par les panélistes, il faut se réapproprier les valeurs de dambé, horonya et maloya.


Fatoumata Binta Touré a participé à la formation sur le blogging et l’utilisation des réseaux sociaux donnée, à Ségou, à 25 jeunes originaires de cette ville, de Niono et Markala.

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