Santé : poussée de fièvre pour l'AMO
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Santé : poussée de fièvre pour l’AMO

Considéré par certains comme une révolution en matière de santé en Afrique de l’Ouest, le régime de l’assurance maladie obligatoire (AMO) fait face à sa première grosse difficulté.

Les différents gouvernements, qui se sont succédé sous IBK, ont toujours buté sur des grognes sociales. L’actuel Premier ministre, Dr. Boubou Cissé, fait face depuis un mois à ce que l’on pourrait appeler désormais une « crise sociale », notamment avec le préavis de grève des enseignants et l’arrêt des prestations des officines de pharmacies privées au compte de la Caisse nationale d’assurance maladie.

En effet, tout a commencé lorsque des pharmacies privées de Mopti ont déposé un préavis de suspension de la vente des produits aux adhérents de l’Assurance maladie obligatoire (AMO), à partir du 16 novembre. J’ai pu constater, au même titre que les autres cotisants, l’arrêt réel des prestations dans presque toutes les officines de pharmacies privées de la ville, depuis le lundi 18 novembre 2019.

Incapacité

Dans son préavis, les deux syndicats signataires reprochaient à l’État son incapacité à respecter le cahier de charge qui les liait. Les motifs de suspension sont nombreux, selon un membre du Syndicat autonome des pharmaciens d’officine privée de la ville de Mopti. « Nous avons plus de six mois d’impayés au niveau du Trésor public, explique-t-il. Lorsque nous avons démarché les autorités locales par rapport à la situation, elles disaient juste ce que nous voulions entendre, mais rien d’autres. D’où notre décision de suspendre.»

Le mercredi 27 novembre 2019, après une rencontre entre les pharmaciens et le secrétaire général du département de la Santé sur les impayés des officines de pharmacies privées, le Syndicat autonome des pharmaciens d’officine privée a décidé, au cours d’une assemblée extraordinaire, de suspendre les services de l’AMO jusqu’au paiement intégral de leurs arriérés à compter du vendredi 29 novembre dans tout le pays.

Le ministre de la Santé et des Affaires sociales, Michel Sidibé, a exprimé sa surprise dans un communiqué, car selon lui il était convenu après la rencontre  de « régler les factures impayées au plus tard dans 5 jours ». Mais, contrairement au communiqué du ministère, les pharmaciens refusent toujours de reprendre les prestations, estimant que seulement 20% de leur impayés ont été soldés à ce jour.

Indignation

« Nous souffrons énormément de cette situation, témoigne Moussa Cissé enseignant affilié à l’AMO à Lafiabougou (quartier populaire de Bamako). Il est temps que l’État s’assume, car la situation risque de dégénérer. Nous continuons à payer nos cotisations. Je dû acheté deux ordonnances sans AMO cette semaine.»

La soudaine interruption des prestations de l’Assurance maladie obligatoire a suscité beaucoup d’indignations chez les adhérents. Des campagnes de dénonciation commencent à émerger sur les réseaux sociaux par rapport aux prélèvements que la Caisse nationale d’assurance maladie continue d’effectuer chez les adhérents.

Les pharmacies, qui sont dans les structures sanitaires, hôpitaux et les centres de santé de référence, continuent de livrer les produits prescrits aux malades sous le régime de l’AMO. Les pouvoirs publics doivent tout mettre en œuvre pour que les Maliens puissent continuer à bénéficier des avantages de ce régime de sécurité sociale, qui reste une référence dans la sous-région.

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