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A quand le retour des touristes à Tombouctou ?

Le tourisme, qui faisait tourner plus de 60% de l’économie de Tombouctou, est au point mort depuis le début de la crise de 2012. Les hôtels et autres lieux touristiques sont presque infréquentés. La « ville mystérieuse » s’impatiente et attend le retour de ses  touristes, écrit le blogueur Alassane Chaibou.

« Avant on ne vivait que du tourisme et on pouvait investir ailleurs l’argent qu’on gagnait. Mais aujourd’hui, nous sommes obligés de nous trouver autre chose. Les touristes ne viennent plus. Les hôtels sont fermés, les lieux touristiques sont désertés », se lamente Ali, un ancien guide touristique de la ville.

Avant 2012, les guides touristiques se frottaient les mains au point qu’ils étaient considérés comme les plus nantis de la ville. Comme Ali, ils ont presque tous été obligés de se reconvertir à d’autres métiers, qui ne leur permettent que de survivre.

Tombouctou formait, avec Djenné et le pays Dogon,  l’un des lieux touristiques les plus fréquentés de l’Afrique de l’Ouest. Aujourd’hui, elle est devenu presqu’une ville fantôme.

Un secteur clé dans l’économie de la ville

Tombouctou abrite la maison des grands explorateurs comme Mungo Park, Heinrich Barth ou René Caillé, qui y ont tous vécu.

La ville  est aussi connue pour ses trois vieilles mosquées inscrites au patrimoine de l’Unesco. La plus grande et la plus ancienne, Djingareyber, a été construite en 1325 par l’empereur Kankan Moussa à son retour de son fameux pèlerinage à La Mecque. L’autre, Sankore, était aussi l’une des plus prestigieuses universités et peut-être le centre culturel islamique le plus rayonnant, déjà au 14e siècle.

Nous n’oublions pas les anciens manuscrits, écrits en arabe ou en langues locales avec les lettres arabes, qui ont fait le bonheur des historiens, et qui ont largement contribué à la connaissance de l’histoire de l’Afrique de l’Ouest avant la colonisation.

Garder espoir, malgré tout

Pour contempler ces merveilles et d’autres secrets de la « ville mystérieuse », les touristes venaient de tous les coins du monde et contribuaient jusqu’à 60% à l’économie de la ville. Le Mali comptait 200000 entrées en 2011. Depuis, le peu qui viennent pour affaires s’arrêtent à Bamako ou certaines villes du Sud, où ils se sentent plus en sécurité.

A Tombouctou, les hôteliers, les propriétaires de véhicules de transport, les commerçants de turbans, les cordonniers et tous ceux qui vivaient du secteur ont vu leurs revenus chuter considérablement. Mais ils gardent espoir que cette insécurité prendra fin un jour et que la situation redeviendra comme avant, surtout que le président qui vient d’être réélu promet de faire de l’application de l’Accord pour la paix sa priorité. Espérons qu’il est sincère et qu’il ira jusqu’au bout.

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